Le fonds Arctos Partners valorise le PSG à plus de 4 milliards d’euros
Le Qatar valorise son investissement au Paris Saint-Germain. Qatar Sports Investments (QSI) et Arctos Partners ont annoncé jeudi dans un communiqué «un accord de partenariat et d’investissement stratégique» qui verra le fonds d’investissement acquérir une participation minoritaire au capital du PSG. Les conditions financières de la transaction ne sont pas publiques, mais des sources concordantes évoquent une participation de 12,5%, qui valoriserait le club de football et ses autres franchises sportives à 4,25 milliards d’euros.
«L’investissement d’Arctos servira à développer les opérations du PSG et à soutenir les initiatives immobilières stratégiques du club, notamment celles liées à son stade et aux futures phases de développement du centre d’entraînement du PSG à Poissy, en banlieue parisienne», précise le communiqué. En termes de gouvernance, «QSI continuera à maîtriser toutes les décisions prises au PSG».
Guggenheim Securities et DLA Piper ont conseillé QSI et le PSG, tandis que Kirkland & Ellis a épaulé Arctos.
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Analyse de performance
La rumeur de l’entrée d’un investisseur au capital du PSG courait depuis plusieurs mois. Arctos Capital, basé à New York et à Dallas, s’est fait une spécialité d’investir dans le sport, un domaine qui suscite l’intérêt croissant du private equity. Il a également développé une activité de conseil et de financement pour épauler les gestionnaires alternatifs, Arctos Keystone. Le groupe compte deux co-fondateurs : Ian Charles, passé par le spécialiste du private equity secondaire Cogent et le fonds Landmark Partners, et David O’Connor, ancien patron de l’agence Creative Artists Agency et du Madison Square Garden.
Arctos a notamment pris en novembre une participation minoritaire dans l'écurie de Formule 1 d’Aston Martin. Il détient aussi des parts dans des équipes américaines de basket, de baseball ou de hockey sur glace, comme les Giants, les Dodgers et les Golden State Warriors. Créé en 2019, le fonds ne communique pas ses encours sous gestion. Il s’est fait une spécialité de racheter les parts d’investisseurs minoritaires, nombreux dans les franchises sportives, avec une stratégie de growth capital, et propose de l’analyse de données, baptisée Arctos Insight, aux décideurs de ces clubs, pour développer l’activité.
Ian Charles, dans un podcast publié en juin par le cabinet Bain Capital, expliquait de quelle manière il appliquait au sport les méthodes d’analyse développées pour le private equity. «La première partie de ma carrière a consisté à travailler avec des gens très intelligents pour commercialiser du diagnostic de performance, d’alpha, auprès des general partners [les gérants du private equity, ndlr]. Nous avons développé un outil très similaire de diagnostic d’alpha pour aider les propriétaires de clubs de sport à identifier, de manière mathématiquement vérifiable, les points d’excellence dans leur gestion. Si vous parvenez à isoler ces éléments d’excellence pour l’exécution de la gestion d’un business sportif, comme on peut le faire pour l’exécution d’une stratégie d’investissement en actifs illiquides, vous gagnez», expliquait-il.
Rentabilité à trouver
Sous l'égide des qataris, le PSG est devenu la cinquième puissance du football européen, avec 654 millions d’euros de revenus sur l’année 2022, selon l'étude annuelle Football Money League de Deloitte, publiée en janvier 2023. QSI avait racheté le club en 2011 pour 70 millions d’euros, mais aurait investi depuis environ 1,5 milliard d’euros pour recruter des stars à prix d’or et moderniser les infrastructures du club.
Ces investissements ont assis la suprématie du club parisien sur le football français, sans se concrétiser à l'échelle de la Champions League. La rentabilité n’est pas non plus au rendez-vous : le PSG a dégagé une perte nette de 369 millions d’euros sur la saison 2021-2022, selon les comptes individuels publiés sur le site de la DNCG, le gendarme financier du football français.
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