Le Crédit Agricole se démultiplie dans le capital-investissement
Tous les moteurs du capital-investissement sont allumés au Crédit Agricole. Le groupe a investi, l’an dernier, 486 millions d’euros au capital de 239 entreprises françaises, tous segments confondus – capital-risque, développement, transmission. Une hausse de 72% en un an, selon des chiffres publiés ce lundi.
La progression est due à la montée en puissance des entreprises de taille intermédiaire (ETI) à côté du soutien traditionnel aux PME. «Le ticket moyen a augmenté, l’an dernier, car nous avons traité davantage de dossiers qui concernaient des ETI», explique Didier Reboul, directeur de l’agriculture, de l’agroalimentaire et des marchés spécialisés du Crédit Agricole depuis le 1er mars. Le groupe a aussi lancé, l’an dernier, Crédit Agricole Régions Développement, un fonds de 300 millions d’euros destiné à cette cible et abondé à 50/50 par les caisses et l’organe central. Au total, les ETI ont reçu 290 millions d’euros en 2018.
Autre tendance, «le capital-innovation prend ses marques. Le réseau des 30 ‘Villages by CA’, qui sont nos incubateurs-accélérateurs de start-up, a permis d’étudier de nombreux dossiers et de participer au capital de certaines très belles jeunes entreprises», souligne Didier Reboul. Sur les 239 entreprises soutenues l’an dernier, 96 relevaient de cette catégorie.
Le financement des transitions (énergétique, agricole…) est la troisième thématique d’investissement. D’où le lancement annoncé fin février d’un nouveau fonds, CA Transitions, de 200 millions d’euros, lui aussi abondé à 50/50.
La banque verte affiche désormais 3,6 milliards d’euros d’encours de capital-investissement. Les caisses régionales, au travers de leurs 28 sociétés à capital-risque, telles Unexo ou Carvest, en concentrent 1,3 milliard dans une logique de développement de leur territoire. A l’échelle nationale, chez Crédit Agricole SA, Idia et ses affiliés affichent un niveau équivalent d’encours. Outre ces interventions pour compte propre, la gestion pour compte de tiers logée chez Amundi PEF atteint 900 millions d’euros.
L’activité a ralenti début 2019. «En 2018, le marché, en ébullition, a connu un pic. Nous sommes conscients du niveau élevé des valorisations, note Christophe Blanchy, le DG d’Idia. Mais loin de l’obligation de déployer une enveloppe de capital-investissement, nous accompagnons des clients connus des caisses régionales ou de LCL depuis des années.»
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