Le Cfius complique la vie des fonds américains de capital investissement
L’entrée en vigueur mi-février de la loi renforçant les pouvoirs du Committee on Foreign Investment in the United States (Cfius), l’autorité en charge du contrôle des investissements étrangers aux Etats-Unis, ne fait pas nécessairement les affaires des fonds de private equity. Dans leur dernier rapport annuel, KKR et Carlyle, deux des plus grands investisseurs américains, s’inquiètent des conséquences de la réforme sur leur activité.
La loi sur la modernisation de l’examen des risques liés aux investissements étrangers (Foreign investment risk review modernization act, Firrma), signée par Donald Trump durant l’été 2018, et ses réglementations connexes «ont considérablement élargi les types de transactions qui sont soumises à la juridiction du Cfius», explique KKR dans son rapport annuel. Pour certains domaines d’activité, l’autorité sur les investissements étrangers a désormais la possibilité d’examiner et éventuellement de bloquer ou d’imposer des conditions aux investissements étrangers même minoritaires. En septembre 2019, le Trésor américain a ajouté l’immobilier au spectre d’intervention du Cfius, à condition que la transaction mette en danger la sécurité nationale.
Selon KKR, l’élargissement des règles «peut réduire le nombre d’acheteurs potentiels et limiter la capacité de nos fonds à sortir de certains investissements». «Comme beaucoup de nos fonds ont une durée limitée, nous pourrions également être contraints de nous défaire de certains investissements plus tôt que prévu» potentiellement «à des prix inférieurs à ceux initialement prévu».
Ces nouvelles règles créent de «nouvelles perturbations» potentielles car elles «pourraient réduire le nombre d’acheteurs potentiels et limiter la capacité des fonds à créer de la valeur», appuie Carlyle dans les facteurs de risques énumérés dans son rapport annuel.
Donald Trump a renforcé les pouvoirs du Cfius afin de limiter les velléités d’investissements des groupes chinois sur le sol américain, principalement dans le secteur des technologies, confirmant un durcissement engagé sous l’administration Obama.
L’an dernier, le groupe chinois Kunlun Tech a dû mettre en sommeil le projet d’introduction en Bourse de son application de rencontre Grindr en raison des exigences du Cfius, l’autorité surveillant désormais de près la question de la collecte et du traitement des données personnelles.
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