Apollo assure confortablement ses arrières chez Verallia
Le groupe s’endette de 350 millions d’euros supplémentaires pour finir de rembourser les fonds propres apportés par Apollo et Bpifrance lors du LBO de 2015.
Publié le
Olivier Pinaud
Verallia est une ancienne filiale de Saint-Gobain.
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Gamme écoresponsable Ecova
Mois d’un an et demi après avoir mis la main sur Verallia, Apollo est déjà certain de rentrer dans ses frais. En lançant hier une nouvelle émission de dette pour faire remonter 350 millions d’euros de cash à ses actionnaires, l’ancienne filiale de Saint-Gobain va finir de rembourser les fonds propres apportés par le fonds d’investissement américain et Bpifrance en octobre 2015 au moment de son LBO. Un premier dividend recap, en juin 2016, avait déjà rapporté 230 millions à Apollo et Bpifrance. Les deux actionnaires ont ainsi récupéré 580 millions d’euros au total. Pour cette nouvelle émission, la banque publique, qui détient 10% du capital de Verallia, s’est engagée à réinjecter sa part de dividende dans l’entreprise, soit 30 millions.
Ce second dividend recap était initialement envisagé à l’automne 2016. Mais le montage avait été jugé trop ambitieux par les investisseurs, dans un marché rendu nerveux à l’approche des élections américaines. Verallia prévoyait à l’époque de s’endetter de 500 millions d’euros pour rembourser ses actionnaires. Depuis, «la direction et les actionnaires ont travaillé ensemble pour élaborer un montage raisonnable qui satisfasse les intérêts de chacun et qui ne gêne pas la capacité d’investissement de Verallia», explique à L’Agefi Jean-Pierre Floris, PDG du groupe d’emballages en verre.
La structure de cette nouvelle dette, payable in fine et à intérêts capitalisés (PIK), permettra à Verallia de ne pas faire remonter de cash vers ses actionnaires pendant deux ans. La dette a été localisée dans la holding Horizon et non dans les sociétés opérationnelles comme prévu en octobre 2016.
Pour autant, l’opération «illustre les pratiques financières agressives des fonds», commente S&P, même si l’agence de notation reconnaît que «la détérioration du profil de crédit pour le groupe consolidé sera moins forte». Le ratio de levier va tout de même monter à 6,2 fois selon l’agence, contre 5,5 fois auparavant. Compte tenu des tensions qu’avait provoquées en interne le premier dividend recap, la direction a informé en amont les représentants du personnel de ce nouveau projet. «Le groupe a retrouvé un climat social apaisé et nous souhaitions préserver ces bonnes relations car elles sont essentielles à l’amélioration des performances opérationnelles», reconnaît Jean-Pierre Floris.
Le taux d’intérêt de cette nouvelle dette sera déterminé dans la semaine. L’émission est dirigée par Credit Suisse, Barclays et Goldman Sachs.
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