Verallia s’endette pour payer un dividende
L’environnement de marché actuel incite à renforcer l’agressivité des montages financiers. Moins d’un an après l’émission destinée à financer son acquisition par Apollo et Bpifrance, Verallia revient sur le marché de dette high yield afin de payer un dividende à ses actionnaires. Sur les 500 millions d’euros que l’ancienne filiale de Saint-Gobain veut ajouter à la souche émise l’an dernier, 230 millions d’euros serviront à rembourser une partie de la prime d’émission. Cette remontée représente environ 40% des fonds propres apportés par Apollo et Bpifrance en 2015, indique Moody’s. Verallia est détenu à 90% par le fonds américain et à 10% par la banque publique française.
Un levier porté à 4,8 fois l’Ebitda
Le solde net de la nouvelle émission, soit 263 millions d’euros, servira à refinancer le term loan B de maturité 2022. Selon les termes indicatifs, Horizon Holdings, la structure de financement de Verallia, vise une marge de 350 points de base sur l’Euribor, soit 50 points de base de mieux qu’actuellement. L’émission est dirigée par Barclays, BNP Paribas, Credit Suisse, Nomura et la Société Générale. Deutsche Bank s’occupe du refinancement du prêt avec un accord attendu demain.
Les analystes de CreditSights voient d’un mauvais œil ce dividend recap pour le profil de crédit de Verallia. Ils notent que la dette nette va monter à 2,08 milliards d’euros, contre 1,87 milliard avant l’opération, portant le levier du producteur de bouteilles en verre à 4,8 fois l’Ebitda, soit 0,5 point de plus qu’actuellement. Malgré ce montage plus agressif, les agences ont réaffirmé leur notation (B+ pour S&P et B1 pour Moody’s, avec une perspective stable pour les deux). «Le groupe a la capacité d’augmenter ses résultats dans les prochaines années et ainsi d’améliorer progressivement son profil de crédit pour revenir à ses niveaux précédents», indique S&P.
La hausse des volumes, qui permet une meilleure absorption des coûts fixes, et les mesures de contrôle des coûts ont permis une progression de 14,1% de l’Ebitda de Verallia au premier trimestre 2016 à changes constants. Sa marge opérationnelle a gagné 120 points de base à 17%. La direction de Verallia vise pour l’ensemble de l’année une progression de l’Ebitda, avec des investissements de l’ordre de 200 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Des parlementaires britanniques recommandent de nationaliser Thames Water
Une commission spécialisée estime que la reprise de la compagnie d’eau par le consortium London & Valley Water irait à l’encontre des intérêts de l’entreprise et de ses clients. -
L’horizon des coûts de financement des entreprises s’assombrit
Deux tiers des trésoriers constatent déjà un durcissement, selon l’enquête AFTE / Rexecode / Meti. -
La coentreprise de Google et Blackstone obtient un prêt bancaire de 22 milliards de dollars
Un groupe de dix banques va apporter un financement décisif à la coentreprise qui vient concurrencer CoreWeave dans l'infrastructure de l'IA. Elle constitue la plus grande tentative de Google à ce jour pour vendre et monétiser ses propres puces auprès de tiers.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La donnée ESG s'impose comme un levier stratégique dans les entreprises
- Les salariés de Veolia détiennent près de 10 % du capital de leur entreprise
- Bolloré accélère la grande circulation de la trésorerie disséminée dans son groupe
- La Cour des Comptes se penche sur les défaillances d'entreprises
- OpenAI renonce à s’introduire en Bourse cette année
Contenu de nos partenaires
-
Parlement« Ni 49-3, ni ordonnances » : comment Sébastien Lecornu prépare déjà la fin
Sébastien Lecornu promet de n'utiliser « ni 49.3, ni ordonnances » pour le budget 2027, à condition que les oppositions ne fassent pas d'« obstruction ». Comme l'an dernier, le Premier ministre s'en remet d'abord à la responsabilité des parlementaires, tout en préparant les conditions d'un éventuel changement de pied -
ExpertEntreprises en difficulté : « Le droit français est un îlot idéologisé »
Marc Sénéchal est mandataire judiciaire. Il décrypte l'évolution du droit français -
Think againLes « incapables » contre les « démagogues » : deux France cloisonnées
La crise du prix de l’essence tombe au plus mal car elle appelle des aides compensatrices que la crise financière dans laquelle est entrée la France cet été interdit. Ces deux crises tirent le gouvernement dans deux sens contraires de façon très puissante