L’actualité et la veille en matière de fonds d’investissement, ainsi que les analyses sur les grandes tendances dans l’univers de la gestion d’actifs, son activité au travers des chiffres de collectes et d’évolution des encours des différentes classes d’actifs.
L’Autorité des marchés financiers a publié ce vendredi un communiqué appelant à la vigilance des sociétés de gestion de portefeuille (SGP) suite aux développements du conflit russo-ukrainien et notamment les sanctions prononcées par l’Union européenne à l’encontre de personnes ou d’entités russes. Elle demande aux gestionnaires de lui faire part sans délai de tout problème significatif pouvant affecter leurs activités. L’AMF les rappelle aussi à leurs devoirs concernant les sanctions applicables en France vis-à-vis des personnes et entités russes concernées. Des sanctions qui concernent non seulement les relations d’affaires existantes ou à venir, mais également la possibilité d’acquérir et de céder certains nouveaux titres d’émetteurs publics russes. «Au-delà de l’ajout de nouveaux individus et entités dans les systèmes existants des SGP pour bloquer toute la souscription à des placements collectifs ou toute fourniture de service de gestion de portefeuille pour compte de tiers, les acteurs doivent passer en revue l’impact de ces mesures sur les passifs des fonds pour lesquels ils disposent d’informations sur les détenteurs finaux, ainsi que sur leurs clients et plus largement sur l’ensemble des individus et entités déjà en relation d’affaires avec la SGP. Il est rappelé que la mise en œuvre des mesures de gel des avoirs ne relève pas d’une approche par les risques mais d’une obligation de résultat. Dès lors qu’un client ou une relation d’affaires fait l’objet d’une mesure de gel des avoirs, la mesure doit être appliquée sans délai», précise l’AMF. Concernant la valorisation et la liquidité des expositions directes ou indirectes liées à des actifs russes, le régulateur demande aux SGP de prendre les mesures nécessaires pour la gestion du risque de liquidité de leurs fonds concernés. «Il est donc attendu des acteurs qu’ils anticipent l’évolution des conditions de marché et qu’ils fassent preuve de prudence dans leurs hypothèses de liquidité sur ces expositions», indique l’AMF. Plusieurs gestionnaires dont Amundi et BNP Paribas Asset Management ont suspendu les opérations de certains de leurs fonds et fonds indiciels cotés exposés à la Russie. Par ailleurs, le régulateur leur demande la plus grande vigilance quant à l’accroissement du risque d’incident de cybersécurité.
Un projet de décret présidentiel est en cours de préparation, alors que de nombreux investisseurs et entreprises prennent leurs distances avec la Russie.
Alors que le marché a frôlé les 2milliards d’euros de collecte l’an dernier, un nouveau règlement européen force les plateformes à marquer le pas. Pour contourner les difficultés, elles multiplient les opérations de diversification et se rapprochent des sociétés de gestion d’actifs.
De manière régulière, le recours aux ETF est mis en avant pour une question de coût. C’est oublier la prestation de conseil qui doit être appréciée à sa juste valeur
Le baril de Brent a dépassé les 110 dollars alors que le marché craint de fortes perturbations des ventes d’or noir de la Russie, deuxième exportateur mondial.
Le gérant, à l'achat sur les devises émergentes et à la vente sur les emprunts d'Etat européens, a vu certains de ses fonds perdre jusqu'à 15% en un jour.
Les gérants de fonds et de fonds indiciels cotés (ETF) investis sur les actions russes ont, d’une certaine manière, été mis au chômage technique par la Banque centrale de Russie lundi 28 février. Celle-ci a laissé les marchés boursiers et d’instruments financiers dérivés de la Bourse de Moscou fermés. Elle a aussi suspendu temporairement la capacité des investisseurs étrangers à vendre leurs actions russes sur les marchés russes. Par conséquent, ni les flux nila valeur nette d’inventaire (VNI) d’une partie des produits concernés n’étaient disponibles ce lundi et cela devrait se poursuivre aujourd’hui mardi 1er mars. «Les performances sont en cours de contrôle et sont momentanément indisponibles pour ce fonds», écrivait la société de gestion Amundi, ce mardi, sur la page de son fonds Russian Equity. Idem pour le gestionnaire suédois East Capital qui n’a pas publié de VNI ni accepté de souscriptions et de rachats pour ses fonds Russia et Eastern European. La société de gestion a par ailleurs affiché son soutien à l’Ukraine sur ses réseaux sociaux et condamné l’invasion russe. Elle a même passé en revue les propriétés de ses fonds immobiliers dans les pays baltes pour évaluer d’en aménager certaines en centres de réfugiés, en collaboration avec une opération d’aide humanitaire locale. «East Capital est un gestionnaire d’actifs, et non un spécialiste des questions militaires ou politiques. Nous concentrons donc nos efforts sur l’analyse des implications de la guerre et des sanctions des deux côtés sur nos investissements, sur les marchés et sur la situation macroéconomique. S’il est trop tôt pour dire quels seront les effets à long terme sur le marché, nous nous attendons à un niveau très élevé de perturbation et de volatilité à court terme. Nous évaluons et gérons activement les événements réels à mesure qu’ils se produisent», détaille la firme dans un communiqué. Le gestionnaire américain JP Morgan Asset Management a, lui, pris la décision de suspendre temporairement ses fonds Emerging Europe (35 millions d’euros d’encours) et Russia Equity (248 millions d’euros d’encours) avec effet immédiat ce lundi. «En raison de l’escalade du conflit entre la Russie et l’Ukraine, les conditions normales de négociation sur le marché ont été considérablement altérées, ce qui, de l’avis de la société de gestion, constitue une situation d’urgence à la suite de laquelle la cession et l'évaluation des investissements du fonds sont impraticables», a écrit JPM AM aux porteurs de parts, ajoutant que la suspension de ces fonds sera revue régulièrement. Effondrement des actions russes à Londres Le Suisse Pictet Asset Management a lui aussi choisi, lundi, de suspendre le calcul de la VNI de son fonds Russian Equities et de suspendre tout achat, rachat ou conversion de parts jusqu’à ce qu’une décision soit prise par le conseil d’administration du fonds. Pictet indique que même si la négociation des parts du fonds redevenait possible à l’avenir, «la possibilité pour le compartiment de convertir le rouble russe en dollars américains serait sérieusement compromise de sorte que les transactions ne pourraient pas être réglées de manière normale». Le Britannique Liontrust a lui aussi suspendu son fonds investi en actions russes.Derrière ces suspensions demeurent de possibles futurs sujets de liquidité que pourraient connaître les fonds concernés en fonction de l’évolution de la situation et de la nature des instruments investis. D’autres ont cherché à vendre leurs titres de sociétés russes cotés à Londres, qui eux, peuvent être cédés, mais dans des conditions dantesques. SkyNews rapportait ce lundi quele gestionnaire britannique Abrdn avait été incapable de vendre pour 5 millions de livres sterling d’actions Rosneft, le groupe pétrolier de l’Etat russe dont BP a annoncé se désengager. Les titres du groupe ont plongé de 42% à Londres; ceux du distributeur Magnit, de 80%. Les expositions aux titres russes des gérants français restent, elles, assez faibles dans l’ensemble, peu de fonds de droit français ciblant particulièrement la Russie. Les quelques fonds hexagonaux spécialisés sur les marchés émergents étaient plutôt peu voire pas investis sur ce marché. Le fondsCarmignac Portfolio Emerging Patrimoine, qui avait, à l’inverse, une position plus conséquente, avec 11,36% de ses 493 millions d’euros d’encours investis en roubles à fin janvier, s’est progressivement allégé avec la montée des tensions, avant de se retirer complétement. « Nous avons coupé nos positions actions russes d’une part et acheté des protections sur les marchés obligataires et de change dans un contexte de forte volatilité et de dislocation sur les marchés», a indiqué Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac. Situation dégradée sur les ETF Du côté des ETF, la situation se tend également. Le plus gros ETF Russie du marché, commercialisé par Van Eck, perdait 23% en négociation pré-boursière lundi après avoir vu sa performance et ses encours dégringoler en fin de semaine dernière. D’autant que selon Bloomberg, le département du trésor américain a donné jusqu’au 25 mai aux sociétés de gestion américaines pour trouver des acheteurs non-américains pour leurs titres et obligations de cinq entités russes dont le groupe financier VTB. La Bourse de Londres a relevé à 10% ses exigences de spread maximum (maximum spread requirements) pour 10 ETF investis en actifs russes cotés sur sa plateforme depuis jeudi dernier. Un taux deux fois supérieur à ce qui été autorisé pour l’ensemble des ETF pendant la crise boursière liée au Covid-19 en mars 2020, relevait le média ETF Stream. La Bourse italienne (Borsa Italiana) a indiqué qu’elle attribuerait des «exemptions» de spread en raison de la volatilité élevée sur les ETF concernés. Quant à Euronext il a aussi fait état de «conditions de marché exceptionnelles» pour les ETF pour l’ensemble de ses marchés, juste avant l’ouverture de la Bourse le 24 février, permettant aux teneurs de marché d’élargir les spreads, ou en apportant moins de liquidité que leurs obligations habituelles.
D’aucuns reconnaîtront ici une adaptation de la citation célèbre du philosophe Friedrich Nietzsche qui vient nous rappeler un principe fondamental qu’il convient aussi d’appliquer en finance : douter de ses propres convictions.
Le gestionnaire français a critiqué les cryptomonnaies mais estimé que les jetons non fongibles pouvaient devenir des actifs «investissables» dans une note de recherche publiée ce mardi.
La Commission européenne est invitée à résorber les opportunités d’arbitrage réglementaire qu'opèrent certains fonds entre les différentes juridictions.
Morningstar a écarté 1.200 fonds (1.400 milliards de dollars d’encours sous gestion) de sa liste de fonds durables européens au cours des derniers mois. L’univers d’investissement s’est ainsi réduit de 27% à 4.461 fonds, par rapport au troisième trimestre. Les encours totaux ont diminué de 3.400 milliards à 2.030 milliards, après le passage en revue. Au quatrième trimestre, le fournisseur de données a mené une analyse approfondie des documents des fonds européens connotés durables et a durci ses critères de référencement. Car, Morningstar avait observé une hausse conséquente du nombre de fonds durables européens, de 78% entre mars (3.444 fonds) et septembre (6.147 fonds), qui s’expliquait par l’introduction des mesures de reporting du règlement SFDR (Sustainable Finance Disclosure), le 10 mars 2021. Pour Morningstar, de nombreux fonds se sont auto-proclamés durables, en se classant Article 8 au sens SFDR. La croissance des fonds durables est élevée. Au quatrième trimestre 2021, la collecte nette sur les fonds durables (113 milliards de dollars, +20%) dépassait celle des fonds classiques (82,2 milliards de dollars, -32%). Morningstar estimait que les fonds articles 8 et 9 pourraient représenter la moitié des actifs des fonds commercialisés au sein de l’UE d’ici à juin 2022. Le fournisseur de données a notamment relevé que 536 fonds se sont repositionnés comme durables en 2021, soit deux fois plus qu’en 2020. «Transformer des fonds existants en fonds à stratégie durables est un moyen pour les gérants de tirer parti des actifs existants pour construire leur gestion durable, sans avoir à créer des fonds à partir de zéro», souligne Morningstar. C’est aussi un moyen de redonner de l’attrait à des fonds en difficultés. Certains gérants choisissent de verdir tous leurs fonds en étendant par exemple leurs politiques d’exclusion ou en désinvestissant des entreprises le plus émettrices de carbone.