L’actualité et la veille en matière de fonds d’investissement, ainsi que les analyses sur les grandes tendances dans l’univers de la gestion d’actifs, son activité au travers des chiffres de collectes et d’évolution des encours des différentes classes d’actifs.
Les affaires reprennent... doucement. Deux fonds font leur apparition cette semaine avec une nouveauté qui tient aux actifs sur lesquels ils investissent. Dette émergente pour l'un, obligations à haut rendement. pour l'autre. A l'évidence, le retour du risque est perceptible. , A noter également une fusion-absorption qui redonne un nouvel élan à un troisième fonds.
Bonne nouvelle pour les actionnaires, les dividendes versés en Europe devraient progresser de plus de 1% à 387 milliards d’euros, un nouveau record historique, en 2023, selon l’étude annuelle « Dividend Study 2023 » d’Allianz Global Investors dévoilée jeudi matin. L’an dernier, le MSCI Europe avait distribué 382 milliards d’euros, grâce à la bonne résistance des bénéfices des entreprises. En 2021, 83% des entreprises du CAC 40 ont accru leurs dividendes et même 95% en 2022. A la faveur aussi de la baisse des marchés actions, le rendement des dividendes a progressé l’an dernier. Il est passéen un an de 2,25% à 3% en France et à 3,5% en Allemagne, et de 3% à 4% en Espagne et à 5% en Italie. Au Royaume-Uni, il est resté stable, légèrement en-dessous de 4%. L’an dernier, au sein du CAC 40, les télécoms ont offert le meilleur rendement à 6,8%, devant les financières et l’énergie à 5,1%, et l’immobilier à 4,8%, contre moins de 1% pour les valeurs technologiques, dernièresdu classement. « Les dividendes apportent de la stabilité à de nombreux portefeuilles d’actions, en particulier les années où l'évolution des cours des actions est négative (comme en 2022), note Hans-Jörg Naumer, responsable Global capital markets & thematicresearch et auteur de l’étude. En outre, d’après nos calculs, la volatilité moyenne des cours des entreprises qui versent des dividendes est sensiblement et systématiquement inférieure à celle des entreprises qui n’en versent pas - pour le marché boursier européen au sens large, nous parlons ici d’une différence de plus de 10 points de pourcentage ». Allianz GI rappelle que la culture du dividende est plus forte en Europe qu’en Amérique du Nord et en Asie. Entre 1978 et 2022, près de 35% des rendements totaux des actions européennes viennent du dividende contre 26,4% en Amérique du Nord et 30,6% en Asie. Si en moyenne, autour de 87% des sociétés du Stoxx Europe 600 ont versé un dividende sur 2021-2022, et 89,5% sur le CAC 40,certains secteurs sont moins généreux. Seules 74% des sociétés de consommation discrétionnaire, 78% de la santé et 80% de la technologie ont procédé à une distribution ces deux dernières années. L’an dernier, seules trois sociétés du CAC 40 n’ont pas versé de dividendes.
BlackRock, Candriam, AllianzGI, Axa IM, Invesco, Franklin Templeton et bien d’autres gérants se sont lancés en 2022 sur la thématique du métavers, qui englobe le concept d’univers digitaux. Le consultant Cerulli Associates dénombre, sur le marché européen, une douzaine de fonds d’investissements et de fonds indiciels cotés (ETF) consacrés à la thématique du métavers dans un rapport publié mercredi. Leurs encours cumulés atteignaient 98 millions de dollars à la mi-janvier 2023 après avoir dépassé les 100 millions de dollars en novembre 2022, selon le consultant qui se base sur les données de Morningstar. Il n’y a donc pas de ruée des investisseurs européens sur les produits métavers alors que leurs homologues américains et sud-coréens se montrent eux assez friands des ETF existants sur ce thème.Si les encours des produits métavers en Europe restent d’un niveau aussi bas, cela pourrait être dû en partie à la réticence des investisseurs particuliers d’aller sur ce type de fonds après les désillusions observées dans les investissements cryptos et blockchain. «Nous voyons des gérants en position d’attente dans ce domaine. Ce, afin de mieux identifier les meilleures nouvelles idées susceptibles de susciter l’intérêt des investisseurs et d'éviter de courir le risque d’une atteinte à la réputation, compte tenu des récents troubles rencontrés dans le domaine des cryptos », analyse Fabrizio Zumbo, directeur de la recherche sur les secteurs de la gestion d’actifs et de fortune en Europe chez Cerulli, qui fait notamment référence au scandale FTX. La baisse des valeurs technologiques l’an dernier n’a aussi pas vraiment soutenu le développement des encours de ces fonds. Etant donné l’engouement public pour l’intelligence artificielle (IA) à travers Chat GPT développée par Open AI, les produits métavers pourraient aussi se voir concurrencer par les fonds et ETF établis sur la thématique de l’IA.
Alors que la taxation des «riches» refait surface dans le débat sur la réforme des retraites, l’Insee a livré mercredi sa photographie du patrimoine des ménages français, à début 2021. Un patrimoine qui reste concentré: 92% du patrimoine brut, avant remboursement des emprunts, était détenu par la moitié des ménages. Les 5% des ménages les plus aisés en détiennent 34%, et le 1% le plus riche, 15% au total, sans que l’on constate pour autant une concentration des richesses depuis 2018. L’immobilier demeure la principale composante de ces avoirs, à 62% du total, mais les 30 % des ménages les moins dotés n’en possèdent pas ou peu. Mais c’est bien le patrimoine professionnel qui explique le gros des écarts: ce dernier est détenu à 95% par les 5% des ménages les mieux dotés, et deux tiers du patrimoine professionnel total se retrouvent aux mains de 1%. En comparaison, ces deux catégories représentent respectivement près de 50% et 25% du patrimoine financier.
Après une année volatile pour les marchés et un manque croissant de confiance envers les États et les institutions, Ned Naylor-Leyland explique pourquoi il est temps de considérer l’or différemment.
L'agence de notation a mis à jour ses prévisions en y intégrant de nouvelles hausses des taux d'intérêt, une inflation accrue, une volatilité continue des marchés et d'une légère récession.
Dans un contexte volatil et non directionnel, les unités de compte ont capté près des deux tiers de la collecte, mais l’immobilier y occupe la part belle.
Quelques semaines avant de voir leur taux passer de 2% à 3%, les Livrets A et Livrets développement durable et solidaire (LDDS) ont bénéficié d’une nouvelle forte collecte en fin d’année dernière.
L’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) veut s’appuyer sur ses prochaines orientations de dénomination des fonds ESG et durables pour faire le ménage dans la catégorie des fonds «article 8" de la réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation). Lors d’une audience publique sur la consultation relative à ces futures orientations, qui s’est tenue le 23 janvier, la présidente de l’Esma, Verena Ross, a expliqué que l’encadrement de la catégorie des fonds sous « Article 8 » était sa principale préoccupation du moment. Les fonds «article 8" sont placés dans cette catégorie de manière auto-déclarative par leurs gérants et doivent posséder des caractéristiques ESG. Mais SFDR ne contient actuellement aucune métrique pour vérifier la véracité de ces déclarations. Dès lors, de nombreuses sociétés de gestion ont pu avoir l’ambition de placer leurs stratégies dans cette catégorie, sans pour autant s’y conformer pleinement. Mais les futures orientations portant sur la dénomination des fonds ESG et durables, qui sont en cours d’élaboration et qui n’entre pas dans le cadre de SFDR, prévoient pour le moment d’instaurer des seuils minimums d’investissement ESG et durables pour qu’un fonds puisse se prévaloir d’un tel nom. Ainsi, il faudrait 80% du portefeuille orienté sur l’ESG pour pouvoir utiliser cet acronyme et les termes qui y sont liés, et y rajouter 50% en durabilité si l’on veut ce terme. La consultation s’appuie également sur l’application des critères d’exclusion pour tous les investissements de ces fonds. L’Esma a proposé l’application du critère d’exclusion suivi par l’indice Paris-aligned Benchmark (PAB), un point sur lequel le régulateur souhaite avoir un retour de la part de l’industrie. Consultation jusqu’au 20 février Cette audience visait à apporter des précisions sur ces futures orientations applicables à tous les fonds sous les directives Ucits et AIFMD. Ces orientations, ouvertes à une consultation publique jusqu’au 20 février, doivent apporter davantage de transparence aux investisseurs, car le nom d’un fonds est un outil puissant de marketing, selon le régulateur. « Tout fonds peut prétendre avoir des caractéristiques ESG et se déclarer conforme à l’article 8 sans aucun seuil sous-jacent. Si les fonds utilisent un nom faisant la promotion de l’ESG ou de la durabilité sans qu’un certain pourcentage soit à la hauteur du nom, ils risquent d’être mal représentés et de se livrer à un écoblanchiment potentiel », a déclaré Verena Ross. L’Esma a rappelé que ces orientations additionnelles ne concerneraient que des fonds avec ces termes dans leurs noms, quelque soit leur catégorisation SFDR. Cette dernière est obligatoire pour tous les fonds, a clarifié le régulateur. Cependant, la nouvelle règle sur les noms utilisera quelques notions importantes mentionnées dans la régulation SFDR. Par exemple, pour les fonds portant le terme «Sustainability» dans leur noms, ils devront avoir 50% d’investissement durable, dont la définition provient de SFDR (Article 2-17). En ce moment, l’industrie de la gestion d’actifs se débat sur cette définition jugée trop vaste, ce qui a amené les autorités règlementaires dont l’Esma à demander davantage de précision de la part de la Commission européenne. Les orientations sur les noms devraient entrer en vigueur au troisième trimestre 2023, moment où la Commission européenne devrait donner davantage de précisions concernant la définition du concept de durabilité. S’attaquer au «greenwashing» Pour soutenir ses propos, l’Esma a dévoilé qu’à l’heure actuelle, 14% des fonds domiciliés en Europe, soit 4.192 fonds, utilisent au moins un terme lié à l’ESG ou la durabilité dans son nom. La majorité de ces fonds (2.730) appartient à la catégorie « Article 8 ». Le régulateur européen a remarqué que 534 fonds catégorisés comme Article 6, qui ne prennent donc pas en compte les critères ESG, portaient aussi des termes liés à l’ESG ou la durabilité. Cette incohérence soulève, selon l’Esma, des questions potentielles de conformité et demande une action imminente pour s’attaquer au greenwashing. Cependant, le régulateur a évité de publier une liste des termes d’ESG ou la durabilité utilisée par ces fonds, car « cela peut amener des acteurs à contourner cette ligne directrice en utilisant un terme différent pour le même concept ».
Plus de 1,5 million d’épargnants ont acheté ou vendu des actions l’an dernier selon le dernier tableau de bord des investisseurs particuliers actifs de l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Les grandes sociétés de gestion américaines comme Capital Group, JPMorgan Asset Management, T Rowe Price et BlackRock, prévoient de recruter en Europe, alors que les mesures anti-Covid draconiennes et la hausse des tensions géopolitiques les ont poussées à redoubler leur quête de croissance hors de la Chine, écrit le Financial Times. Ces sociétés, qui ont souvent des bureaux à Londres et des réseaux de distribution en Europe continentale, sont sélectives dans leur développement en Europe. L’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Europe du Nord sont particulièrement ciblés. La croissance se fera plutôt de manière organique ou par le biais de petites acquisitions, plutôt que par croissance externe.
L’industrie mondiale des hedge funds a terminé l’année 2022 avec 3.830 milliards de dollars d’encours sous gestion après l’avoir commencée par un record de 4.010 milliards de dollars, selon les données du fournisseur de recherche et d’indices sur les hedge funds HFR. Cela suggère une diminution de 4,5% des encours des hedge funds. Ces derniers ont profité du quatrième trimestre 2022 pour limiter la casse et augmenter leurs encours cumulés de 44 milliards de dollars. La décollecte nette des hedge funds gérant plus de 5 milliards de dollars sur le quatrième trimestre 2022 s’est élevée à 10,2 milliards de dollars. Elle atteint 31,9 milliards de dollars pour l’année entière. Les hedge funds gérant entre 1 et 5 milliards de dollars ont observé des rachats nets de 8,3 milliards de dollars au cours du dernier trimestre 2022 et de 18,5 milliards pour l’année entière. Enfin, selon HFR, les hedge funds dont les encours se situent en-dessous d’un milliard de dollars ont enregistré des sorties nettes d’environ 3,1 milliard de dollars entre septembre et décembre 2022 et de 5 milliards de dollars sur l’année 2022. Rappelons que selon des données récentes publiées par HFR, les hedge funds ont enregistré en 2022 leur deuxième pire performance sur les dix dernières années, la pire depuis 2018.
DNCA Investments, affilié de Natixis Investment Managers, va fusionner deux de ses fonds actions zone euro le 7 mars prochain, a appris NewsManagers. Le fonds de droit français DNCA Opportunités Zone Euro, qui comptait 857 millions d’euros d’encours à fin 2022, va absorber le fondsDNCA Euro Value Equity, dont les actifs sous gestion s'élevaient à 6,5 millions d’euros fin 2022. Ce dernier est un compartiment de la Sicav luxembourgeoise Natixis AM Funds, géré par Olivier Lefèvre et Boris Radondy.
Une des rares catégories dont les meilleurs au classement sur un an affichent tous des performances positives ainsi que sur trois ans et cinq ans. A noter la présence exclusive de fonds libellés en dollars.
La tonalité était plutôt à l’optimisme du côté des gérants de Carmignac, ce jeudi 19 janvier, lors de la conférence annuelle de la société de gestion indépendante française. Voulant se tourner vers 2023 plutôt que 2022 où le groupe a reconnu avoir été pris de cours, il est vrai comme tout le monde, par l’invasion de l’Ukraine par la Russie et ses conséquences, cette nouvelle année doit permettre à ses gérants de conviction « de s’illustrer», a dit Kevin Thozet, membre du comité d’investissement. Une illustration qui n’a pas pu avoir lieu en 2022. Devant un Pavillon Gabriel rempli à ras bord, le groupe n’a communiqué aucun chiffre sur son activité. Mais interrogé par NewsManagers, il indique avoir terminé l’année sur un encours de 32,1 milliards d’euros contre plus de 41 milliards fin 2021, soit une baisse de 23%. Outre l’effet marché négatif, le groupe semble avoir été aussi en forte décollecte, «mais le plus fort de la décollecte a eu lieu au premier semestre et les clients reviennent en net depuis un peu plus d’un mois environ» constate une source interne. Alors que les marchés actions et les marchés obligataires ont reculé en 2022, le fonds phare Carmignac Patrimoine (le FCP), doté des deux classes d’actifs, affiche une performance négative de près de 10% sur l’année avec un encours de 7,7 milliards fin 2022. Durant la conférence, le chef économiste maison Raphael Gallardo a basé sa thèse macroéconomique 2023 sur un nouvel environnement de «désynchronisation des économies dans la décélération». Les moteurs de croissance devraient ainsi pivoter des Etats-Unis vers l’Europe et la Chine. Les anticipations de croissance du PIB ont été revues à la hausse dernièrement pour toutes les zones géographiques. L’Europe devrait rester en légère croissance car elle a bénéficié de températures clémentes jusqu’à présent, qui ont évité une crise énergétique et les entreprises ont su relativement s’adapter à cette situation ainsi qu’à l’inflation. Aux Etats-Unis, la récession pourrait se produire au troisième trimestre, la consommation se montrant résiliente jusque là. Et enfin, la Chine bénéficiera d’une reprise accélérée après la fin de la politique zéro Covid. Raphael Gallardo prévoit une «reprise explosive» dans la consommation des services au deuxième trimestre. Surperformance attendue du marché européen Edouard Carmignac estime que dans cet environnement, le marché actions européen pourrait bien surperformer le marché américain, «pour la première fois depuis au moins 10 ans». L’obligataire bénéficie aussi déjà de «rendements embarqués», a rappelé Rose Ouahba, responsable de la gestion obligataire, dans le crédit, la dette émergente et même la dette souveraine. En Europe, les yeux de la gérante se tournent vers l’Italie «qui va profiter d’une décrue de l’inflation» et de la Grèce «qui va enfin accéder au rang ‘investment grade’ après la chute de son ratio de dette sur PIB». «Avec les changes, on peut amplifier ces rendements», a rappelé Edouard Carmignac. Si le dollar a joué un rôle protecteur en 2022 (en particulier sur Carmignac Patrimoine), pour 2023, la boutique parie davantage sur l’euro, le yen et le yuan ainsi que des pays qui pourraient profiter de la réouverture chinoise comme l’Indonésie et le Chili. Edouard Carmignac veut toutefois faire preuve d’un optimisme «vigilant et prudent», les tensions géopolitiques étant toujours là. «La guerre en Ukraine est une catastrophe et elle n’est pas soutenable» a-t-il notamment évoqué. Il estime que la Russie«pourrait lancer une offensive au plus tard au printemps prochain et peut-être même fin février»
Pour Vincent Boy, analyste marché chez IG, l’optimisme des investisseurs est démesuré. Le marché des cryptos doit encore être assaini avant de repartir à la hausse sous peine de voir de nouveaux scandales arriver.
Tilvest permet désormais à ses partenaires banques privées, Family offices et gestionnaires de patrimoine de suivre l’évolution du patrimoine crypto de leurs clients directement depuis leur espace O2S.
L’année 2022 a mis fin à trois années consécutives de rendements positifs au sein des fonds actifs investis en actions émergentes. Le constat émane du fournisseur américain de recherche sur les fonds d’investissement Copley Fund Research, qui a analysé les rendements pour 2022 de 276 fonds actions émergentes gérés de manière active et cumulant 343 milliards de dollars d’encours à fin 2022. Dans sa nouvelle recherche, publiée cette semaine, Copley Fund Research note que 2022 a été la troisième pire année en 10 ans pour les fonds concernés après 2016 et 2018. En moyenne, les fonds analysés ont enregistré des rendements négatifs de -21,58% sur l’année 2022 là où la performance de l’indice de référence de la classe d’actifs, MSCI Emerging Markets, s’est établie à -20,5%. Plus d’un tiers des stratégies étudiées (38,7%) ont battu l’indice MSCI Emerging Markets l’an dernier. Mais seulement deux d’entre elles ont terminé 2022 en territoire positif. Il s’agit des fonds RedWheel Next Generation Emerging Equity Fund (+2,94%) et Pictet Global Selection Fund- GlobalGrowing Market (+0,95%). La pire performance – parmi les fonds analysés – revient au fonds PGIM Jennison Emerging Markets Equity Opportunities au style croissance et investi dans des grosses sociétés émergentes (-42,21% sur l’année 2022).En termes de styles de gestion, lavalue a mieux résisté (rendement moyen de -16,43% en 2022) que les styles GARP (-20,75%) et croissance (-23,24%). Les stratégies dites de croissance agressives ont affiché des rendements moyens de -24,14%. La Russie a tout gâché Tout s’est joué ou presque dans les quatre premiers mois de 2022 pour les fonds actions émergentes, pris à revers par la guerre russe en Ukraine, souligne Copley Fund Research. Les mois de septembre et d’octobre leur ont permis un peu de sauver l’année. Le fournisseur de recherche liste quelques paris gagnants des fonds actions émergentes de 2022: détention de cash, le secteur de la consommation discrétionnaire en Chine, sous-pondérations sur Taïwan, surpondérations sur les biens de consommation de base ainsi que les financières indiennes et indonésiennes. Outre les surpondérations sur la Russie et l’Argentine, les paris négatifs de 2022 incluent notamment les sous-pondérations sur l’Arabie Saoudite ainsi que sur les sociétés industrielles et de services public indiennes. Etre sous-pondéré sur l’énergie et les matériaux n’a pas non plus été payant pour les fonds actions émergentes en 2022. Sur un historique de 10 ans, les fonds analysés affichent néanmoins un rendement positif moyen de 18,08% contre 15,32% pour l’indice MSCI Emerging Markets. Le fonds American Funds New World de Capital Group domine les 275 autres fonds étudiés avec une performance de 56,45% sur 10 ans.
235 campagnes ont été conduites en 2022 selon le décompte de Lazard, soit un bond de 36%. Les Etats-Unis, l’Europe et les grandes capitalisations nourrissent les initiatives d'agitateurs plus nombreux.
Certains actifs se sont démarqués, par leur résilience et leur rendement, et d’autres ont pu tirer leur épingle du jeu en 2022 qui offrent des opportunités cette année.
Connue pour sa gestion obligataire, Schelcher Prince Gestion se diversifie dans les actions. La société de gestion qui fait partie du groupe Arkéa Investment Services annonce la création d’une équipe actions et le lancement prochain d’une gamme sur cette classe d’actifs. L’équipe se compose de Loïc Tonnelier, qui vient de rejoindre la société après seize ans d’expérience chez Rothschild & Co AM dans la gestion actions de conviction, ainsi que de Mathieu Detouche, gérant alignant onze années d’expérience dans la gestion de fonds convertibles et diversifiés au sein de Schelcher Prince Gestion. «Ce binôme aura pour objectif de structurer cette expertise au bénéfice des partenaires de Schelcher Prince Gestion», détaille un communiqué. Cette diversification peut surprendre pour cette société de 8 milliards d’euros d’actifs, qui est identifié comme un spécialiste de la gestion obligataire depuis sa création en 2001. «Il s’agit d’une extension naturelle de nos expertises, car outre des fonds crédit, la composante actions était déjà clef pour nos stratégies convertibles et multi-asset», explique Adil Amor, directeur général de Schelcher Prince Gestion, cité dans un communiqué. «Les fonds actions gérés par Schelcher Prince Gestion, auront vocation à déployer un processus éprouvé ; conviction, calibration et soutenabilité de la performance seront les maîtres mots», ajoute-t-il. Cette nouveauté interroge aussi sur la stratégie d’Arkéa Investment Services. En avril 2022, François Deltour, président du directoire du groupe breton - il en était alors le directeur général -, n’avait pas caché sa volonté de se développer sur la gestion actions. «Tout n’est pas finalisé à date, mais l’élément important à mentionner est qu’Arkea IS a vocation à être plus présent sur cette classe d’actifs qui nous semble extrêmement importante (…)». Or, Arkéa Investment Services détient depuis 2017 une participation de 15 % dans Mandarine Gestion, la société de Marc Renaud, tournée vers les actions. Mais cette participation minoritaire ne semblait pas suffire pour assouvir les ambitions d’Arkéa Investment Services dans la classe d’actifs. Une décision devait être prise sur le devenir de cette participation. L’annonce d’un lancement d’une gestion actions chez Schelcher Prince Gestion pourrait donc présager d’une sortie de Mandarine Gestion. Interrogé par NewsManagers, le groupe Arkéa IS/Schelcher Prince Gestion a répondu :« nous n’avons pas de commentaire à faire sur Mandarine Gestion qui est une participation minoritaire d’Arkéa IS ».
Comment caractériser l’éco-blanchiment (greenwashing) dans les produits financiers? C’est en substance la question que pose depuis novembre le régulateur européen des marchés financiers dans un appel à témoignages des parties prenantes de l’industrie. L’association européenne des gestionnaires d’actifs, Efama, a donné sa définition du terme, qu’elle ne veut pas voir être dégainé à tout va tant il peut la desservir auprès de sa clientèle. Il faut dire que de nombreux gérants sont sur la défensive après les affaires DWS,Goldman Sachset une filiale de BNY Mellon mais aussi après les précisions des instances européennes sur le règlement SFDR qui les ont poussés à rétrograder à l’échelon inférieur (Article 8) un grand nombre de fonds qu’ils considéraient comme les plus verts (Article 9). Pour l’Efama, l’éco-blanchiment chez les gérants se pare donc de deux attributs. A savoir présenter consciemment de manière trompeuse les pratiques ou caractéristiques durables d’un produit financier et avoir l’objectif/l’intention de tromper le destinataire de la communication sur le produit durable. Le lobby des sociétés de gestion voit en outre une différence fondamentale entre le fait de tromper intentionnellement des investisseurs et celui de faire des erreurs ou des changements non intentionnels dans les données utilisées pour le reporting d’un produit. Un trio d’éléments doit être pris en compte dans l’approche de l’Esma sur l’éco-blanchiment, soutient l’association. Cela inclut les cadres réglementaires existants, la dépendance aux fournisseurs tiers de données et de notation ESG et la communication aux clients. L’Efama estime que toute nouvelle ligne directrice sur l’éco-blanchiment devrait être incluse dans les cadres réglementaires existants et qu’une approche harmonisée doit émerger tant sur le plan européen qu’international sur le sujet. Elle insiste sur la notion d’intentionnalité d’éco-blanchiment. Aussi l’Efama souhaite-t-elle qu’il soit clairement établi qu’un gérant indirectement impliqué dans une affaire d’éco-blanchiment ne soit pas tenu responsable pour les déclarations trompeuses émises par les sociétés investies dans leurs rapports financiers ou pour de mauvaises données ESG fournies par les agences de notations extra-financières. Comprenez, ce n’est pas la faute du gérant, qui doit quand même s’assurer de la véracité des données reçues. L’Efama argue cependant que si les acteurs des marchés financiers ne peuvent pas se fier aux données de leurs contreparties, chaque société finira par analyser indépendamment ces données, ce qui s’avérera coûteux. Pas de déclaration durable dans le temps Au sujet de la communication clients, l’Efama tacle la confusion réglementaire et ses concepts de taxonomie, principales incidences négatives ou encore le principe de ne pas causer de préjudice important (do not significant harm) difficiles à comprendre pour le particulier.Elle affirme que, du fait de cette confusion, un peu de jugement s’impose sur le fait qu’une communication clients ait voulu se montrer le plus clair possible pour le client ou s’il agit d’une intention caractérisée de tromper le client. L’association soutient également que les diverses interprétations par les gérants de la régulation durable européenne telle qu’elle existe actuellement ne doivent pas être considérées comme des pratiques intentionnelles d’éco-blanchiment. L’Efama dégaine néanmoins un argument surprenant sur le concept d’éco-blanchiment. Pour l’association, l’éco-blanchiment «doit prendre en compte les informations disponibles au moment où une déclaration de durabilité a été faite». «Il est raisonnable de croire qu’une déclaration de durabilité était correcte au moment où elle a été formulée mais qu’elle soit devenue incorrecte avec le recul en raison de la découverte de nouvelles informations, par exemple de nouvelles évidences scientifiques», poursuit l’association. Autrement dit, pour le lobby, les déclarations de durabilité des gestionnaires d’actifs ne sauraient être durables dans le temps, sauf à les actualiser dès la découverte de nouveaux faits scientifiques. L’un des problèmes de fond sur le sujet de l'éco-blanchiment reste la subjectivité des parties selon l’Efama, c’est-à-dire le fait qu’une personne pourrait voir un acte d’éco-blanchiment là où une autre n’en verrait pas. Il suffit de lire les débats enflammés sur le réseau social LinkedIn à propos de méthodologies et de portefeuilles ESG ou les études de diverses organisations sur la «vertitude» des gérants pour s’en convaincre. L’Efama fait ici référence au cas de fonds Article 9 exposés aux énergies fossiles, qui ont pu être considérés par diverses parties comme n’étant pas compatibles avec l’Article 9. L’association rappelle qu’il n’existe aucune demande explicite à ce que les fonds Article 9 bannissent totalement les énergies fossiles. Selon l’Efama, toute régulation sur l’éco-blanchiment doit s’abstenir de définitions absolues telles que «les fonds détenant des titres de sociétés impliquées dans le secteur minier ou énergétique font preuve d’éco-blanchiment». En revanche, l’Efama souhaiterait bien une autre définition sur l’investissement durable, qui prendrait en compte la notion de transition et reconnaîtrait les stratégies d’investissement positionnés sur la transition comme des stratégies durables. Le sous-entendu est clair, l’Efama évoque ici les stratégies qui investissent dans des secteurs considérés comme très polluants mais dont les entreprises sous-jacentes font des efforts et se transforment dans le cadre de la transition vers un monde bas voire zéro carbone.