Avec l’acquisition de Meriten, la filiale de BNY Mellon, Oddo AM déplace son centre de gravité en Allemagne.
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Antoine Landrot, L'Agefi Quotidien, 08/04/2015
The logo of Oddo & Cie seen on the staircase of the office building which houses the offices of Oddo & Cie in Paris, France, on Tuesday, Jan. 13, 2009. UBS AGs Luxembourg unit must give Oddo & Cie. 30 million euros ($39.4 million) from an Access International Advisors LLC fund that had invested with Bernard Madoff, a court ruled. Photographer: Judith White/Bloomberg News
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JUDITH WHITE/BLOOMBERG NEWS
Le marché allemand est un monde d’opportunité pour Oddo & Cie. Après la banque Seydler en octobre 2014 acquise auprès de Close Brothers, l'établissement français a annoncé hier l’achat du gestionnaire d’actifs Meriten Investment Management, filiale allemande de l’américain BNY Mellon Investment Management. L’annonce est inattendue: fin mars, la banque privée suisse Votonbel s'était imprudemment avancée en indiquant négocieravec BNY Mellon, qui souhaitait se concentrer sur ses filiales de gestion obligataires établies à Londres.
Avec Meriten, Oddo & Cie change véritablement de dimension dans la gestion, tant le gestionnaire allemand dépasse en taille Oddo Asset Management. En effet, Meriten gérait 25,9 milliards d’euros au 31 mars 2015, indique son directeur général Werner Taiber, alors qu’Oddo AM affiche des encours plus modestes: 16 milliards fin 2014. Avec plus de 40 milliards d’euros sous gestion ou administration revendiqués, le nouvel ensemble, baptisé Oddo Meriten Asset Management, figurerait, selon ses dirigeants, parmi les trois premiers groupes de gestion indépendants dans la zone euro, derrière Edmond de Rothschild et Carmignac.
Si l’opération porte sur 100% du capital de Meriten, Oddo & Cie prévoit d’ouvrir son capital aux principaux cadres de la société allemande. «Allianz détient près de 5% d’Oddo. Il a déclaré par le passé avoir vocation à réduire sa participation d’ici à quelques temps», indique Philippe Oddo. Suite à l’acquisition des AGF en 2009, l’assureur allemand a hérité d’une participation dans Oddo & Cie. Il n’est pas question d’augmentation de capital, a poursuivi Philippe Oddo, l’associé-gérant du groupe français, qui n’a pas dévoilé le prix d’achat.
BNY Mellon n’a pas donné d’explication sur son revirement en faveur d’Oddo. Mais Philippe Oddo a souligné «la relation de confiance» qui s’est établie avec Werner Taiber, le directeur général de Meriten, depuis «4-5 ans» et la forte complémentarité qui existe entre les deux acteurs, qui permettra de mettre en oeuvre une «politique de croissance» et créer une société de gestion véritablement franco-allemande. En creux, Meriten évite d'être noyé dans un ensemble beaucoup plus grand que lui.
L’opération permet à Oddo AM de diversifier ses stratégies, très exposées aux actions: les fonds actions stricto sensu représentent 46% de ses actifs, sans compter les stratégies dites d’allocation (24% des encours). A l’opposé, Meriten est investi à 67% dans l’obligataire (hors stratégies d’allocation), alors que cette classe d’actifs ne représente directement que 18% des encours Oddo AM.
L’acquisition permet également à ce dernier de diversifier l’origine géographique de ses investisseurs. Les institutionnels allemands représentent 95% des actifs de Meriten, alors que l’activité d’Oddo AM outre-Rhin se limitait jusqu’ici à la gestion de 200 à 300 millions d’euros. Mais l’opération renforce du même coup le poids des clients institutionnels, qui atteint désormais 71%. Oddo jouissait jusqu'à présent d’une base plus variée, composée à 45% d’institutionnels,à 32% d’investisseurs pour compte de tiers (banques privées, réseaux, multi-gérants) et à 23% de conseillers en gestion indépendants.
Le poids de l’Allemagne est maintenant déterminant pour le groupe Oddo & Cie. Basé à Düsseldorf, Meriten compte 180 collaborateurs, qui s’ajoutent aux 110 professionnels issus de l’acquisition de Seydler.
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