Le «flash crash» touche désormais des actifs réputés ultra liquides
Aucun actif, si liquide soit-il, ne semble plus à l’abri d’unflash crash. La chute brutale de la livre sterling vendredi intervient après une série d’incidents de marché du mêmetype ne reposant sur aucune donnée concrète ou information précisesuffisante en elle-même pourl’expliquer. «Il y a eu d’autres exemples de flash crash, tel que celui sur le rand sud-africain qui l’a vu chuter brutalement de 10% en janvier, et ce dernier incident ne devrait pas améliorer la confiance des marchés. Il est même susceptible de renforcer la probabilité qu’ils deviennent de plus en plus fréquents à l’avenir», alerte ainsi Bank of Tokyo MUFJ. A chaque épisode, le trading haute fréquence fondé sur des algorithmes est pointédu doigtpour son caractère automatique favorisant les chutes brutales de cours.
Cette année, outre lerand, le marché des futures sur l’indice actions chinois CSI 300 en maiavait déjà subi des accès de faiblesse brutauxavec une chutede 12% enregistréeen quelques minutes accompagnée d’un assèchement soudain de la liquidité. Si ces tensions sur les marchés émergents peuvent s’expliquer aisément par un manque de profondeur et par un effet taille, celles sur les marchés matures sont plus inquiétantes. Le flash crash sur la livre intervient ainsi après celui enregistré sur les obligations d’Etat américainesen octobre 2014, deuxmarchés considérés parmi les plus liquides au monde. Les volumes quotidiens moyens échangés sur les Treasuries sont estimés par le Trésor américain à 500 milliards de dollars, ceux sur la livre à 650 milliards selon la BRI.
L’épisode de vendredi dernier intervient dans une phase de très faible volatilité implicite sur un très grand nombre de classes d’actifs (changes, taux et émergents) comparé à leur niveau de risque sous-jacent, notamment suite au maintien de conditions monétaires ultra accommodantes de la part des grandes banques centrales(BCE, BoJ, BoE et Fed). «Nous devrions faire face à de longues périodes de faibles niveaux devolatilité implicite et réalisée, les investisseurs cherchant à éviter de se retrouverpris au piège par les rumeurs de marché, suivies par des phases de volatilité extrême lorsque les craintes finissent par se matérialiser. Les épisodes de crash seront ainsi d’autant plus violents si les investisseurs réagissent tous en ajustant leurs positions au même moment», explique Citigroup.
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