L’AFG demande la création de zones franches pour la gestion
«D’ici à 2025 nous devons avoir fait de Paris le ‘hub’ de la gestion d’actifs d’un marché européen unifié de 450 millions d’habitants, dont j’exclus le Royaume-Uni.» Voilà en substance le message délivré ce 22 novembre par Didier Le Ménestrel, président de la mission compétitivité de l’AFG (Association française de la gestion financière) et par ailleurs patron de La Financière de l’Echiquier. Après le dévoilement il y a quelques jours de sept mesures issues du rapport Frog pour améliorer la distribution de fonds à l’international et l’attractivité de la place de Paris, voici donc désormais un Livre Blanc et 10 solutions pour «changer la donne» en termes, cette fois, de compétitivité de la place de Paris.
De nombreux points sont communs avec les mesures du rapport Frog qui avaient été soutenues par l’AMF, le gendarme de la Bourse. Mais quelques propositions, objets d’un intense lobbying à Paris et auprès de la Commission européenne, tranchent avec ces dernières. «La fiscalité n'étant jamais loin» dans les réformes qu’elle demande, l’AFG souhaiterait la création de zones franches pour l’industrie de la gestion d’actifs «dans l’est de la France et en région parisienne». «L’idée est de rapatrier les emplois délocalisés au Luxembourg. Il y a 75.000 Français qui passent chaque matin la frontière pour y travailler dans la finance. Or, à la base, le Luxembourg n’avait aucun avantage compétitif si ce n’est celui de sa fiscalité. Cela vaut aussi pour Dublin. Je suis sûr qu’en rapatriant ces emplois, avec les nouvelles cotisations, l’Etat s’y retrouverait au final en matière fiscale», estime Yves Perrier, président de l’AFG et directeur général d’Amundi. Reste à savoir quel genre d’accueil ce type de propositions peut avoir auprès des politiques.
L’AFG est revenue également sur une des idées européennes de la Commission qu’elle soutient depuis longtemps: celle de la création d’un produit d'épargne retraite individuel commun à tous les européens. L’AFG prépare à ce propos un autre Livre Blanc et souhaite «faire de Paris un point d’entrée sur ce sujet». «Si on veut être écouté, il faut un produit commun à tous», assure Didier Le Menestrel.
Enfin, l’AFG propose également la création d’un Isin (numéro d’identification) en «EU» pour les OPC européens soumis à une directive prévoyant une libre circulation. «Il est étonnant que lorsqu’on l’on pense format Ucits aujourd’hui, on pense Luxembourg, on pense à l’Isin ‘lux’. Le Luxembourg s’est approprié une forme de label qui est à la base européen. Et cela, la Commission l’a très bien entendu de notre part, nous avons reçu un bon accueil. Notre proposition a en outre été reprise par l’Efama, l’association européenne de la gestion», explique Didier Le Menestrel. Pour qui en doutait, le combat semble enfin vraiment lancé.
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