Younited Credit décroche un investissement de Bpifrance
Bpifranceaime les plates-formes françaises de prêts en ligne. Après avoir participé, en janvier, à la levée de fonds de 75 millions d’euros de Lendix, la banque publique a versé plus de 10 millions d’euros dans la start-up de crédit aux particuliers Younited Credit, via son fonds Large Venture. L’entrée au capital s’est faite à l’occasion d’une levée de fonds de 40 millions d’euros (le tout en capitaux propres) annoncée aujourd’hui. En comptant celle-ci, la fintech a levé 103 millions d’euros depuis sa création en 2012.
Vingt millions d’euros ont été apportés par des investisseurs historiques de Younited Credit : Crédit Mutuel Arkéa, Eurazeo Croissance, AG2R La Mondiale et Weber investissement. Pierre Kosciusko-Morizet a également réinvesti, mais pas le groupe Schibsted, «qui s’était fortement dilué aux deux derniers tours», précise Charles Egly, président et co-fondateur de Younited Credit. Bpifrance et le fonds Matmut Innovation ont apporté l’autre moitié. «Nous faisons un effet de levier, détaille Jean Bertin, chargé d’affaires pour le fonds Large Venture de Bpifrance. Nous amenons au conseil de surveillance nos compétences en capital-risque et en innovation».
Après l’Italie et l’Espagne, Younited Credit souhaite se lancer dans deux à quatre nouveaux pays d’ici la fin 2019. La jeune pousse construit aussi des interfaces de programmation (API), pour proposer sa plate-forme en marque blanche à des partenaires (assureurs, banques, opérateurs téléphoniques, néobanques…). En Italie, elle la propose déjà depuis quelques mois à des petites banques locales.
Cet axe de croissance est «non négligeable, principalement en France et en Italie, nos marchés les plus mûrs», précise Charles Egly. «Il nous donne accès à une base de clients que nous ne touchons pas à travers nos campagnes de [publicité]. Par exemple, la clientèle des assureurs privilégie en général des marques établies, et n’est pas très réceptive aux offres des fintechs. Mais si une offre est mise en avant par l’assureur, elle peut sauter le pas».
Les déboires récents de certaines plates-formes anglo-saxonnes n’ont pas effrayé Bpifrance. «C’est un sujet d’attention pour nous, reconnaît Jean Bertin. […] La croissance de Younited Credit est plus maîtrisée.» Par rapport à l’Europe, «le secteur du crédit à la consommation anglo-saxon est très volatil, souligne Charles Egly. Les ménages sont trois fois plus endettés, la gestion du crédit est beaucoup plus cyclique, il n’y a pas d’amortisseurs sociaux».
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