Revolut réduit le risque de fraude grâce à des algorithmes
La fraude est dans le viseur de Revolut. La fintech britanniqueannonce ce mardi avoir mis au point deux outils basés sur le machine learning afin de lutter contre la fraude et le blanchiment. Concernant les utilisations frauduleuses, comme les paiements en ligne, le clonage ou le vol de carte bleue, Revolut, qui a lancé son nouveau système fin août, affirme qu’il réduit par quatre le niveau de fraude. Basé sur l’analyse de dépenses des utilisateurs, l’algorithme peut bloquer instantanément une carte s’il identifie une transaction suspecte.
Au niveau du blanchiment, la fintech a développé un autre algorithme qui supervise en temps réel les transactions effectuées via son application et calcule un score de risque pour chaque utilisateur en fonction de son historique d’activité. Une transaction suspecte peut être bloquée et donne lieu à une enquête par un agent. Concrètement, cela donne un « tableau de bord avec une vue d’ensemble des flux, classés en fonction du risque avec un code couleur et qui permet de voir en quelques minutes ce que des spécialistes de grandes banques mettraient plusieurs heures à analyser », explique un porte-parole.
Respect de la conformité
Gain de temps, économie de moyens : les promesses de ces dispositifs intéressent plusieurs établissements bancaires traditionnels selon la fintech britannique. «On n’exclut pas la vente en marque blanche de cette technologie dans le futur», détaille Revolut qui y voit une rentrée d’argent supplémentaire.
La fintech, qui a dépassé les 3 millions d’utilisateurs en Europe depuis son lancement en 2015 et vise les 4 millions en avril prochain, a beaucoup investi dans son département conformité qui compte désormais une centaine d’employés. Douze experts en données doivent encore être recrutés dans les prochains mois. Le respect de la conformité constitue, en effet, un enjeu de taillepour les fintech en pleine croissance. En juillet dernier, la néobanque a ainsi pris les devants et signalé aux régulateurs britanniques – la National Crime Agency (NCA) et la Financial Conduct Authority (FCA) – avoir détecté des tentatives de blanchiment d’argent sur sa plate-forme.
« On doit savoir qui est derrière chaque compte. C’est une obligation réglementaire et on ne peut pas être léger sur ce sujet, tout manquement mettrait notre jeune entreprise en danger », rappelle un porte-parole. Revolut, qui revendique entre 9.000 et 10.000 ouvertures de comptes clients par jour en Europe, dont 900 quotidiennes en France, s’apprête à se lancer aux États-Unis, au Canada, en Australie, à Singapour et à Hong Kong.
Plus d'articles du même thème
-
Byzantine souhaite révolutionner la trésorerie d'entreprise avec la blockchain
Portée par des alumni de Polytechnique, cette jeune pousse déploie une interface automatisée sur la blockchain, adossée à Aon, pour rassurer les directions financières frileuses. -
Allianz met un ticket dans le fonds de croissance européenne deep-tech lancé par Bruxelles
L’assureur allemand avait signé une lettre d’intention dès le mois de février pour participer en tant qu’investisseur fondateur à ce fonds destiné au financement des pousses les plus prometteuses de la deep-tech européenne. -
Kaiko boucle une levée de fonds de 110 millions de dollars
L'agrégateur de données sur la blockchain a convaincu de grands investisseurs du monde financier traditionnel d'ajouter environ 57 millions de dollars au pot de sa série B.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant