Les néobanques sont dans le viseur des régulateurs sur la lutte anti-blanchiment
La lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent reste un défi pour les néobanques. Leurs systèmes, plus jeunes que ceux des banques traditionnelles, sont d’autant plus scrutés par les régulateurs. «Est-ce que les néobanques sont plus fragiles ? Dans la mesure où tous leur ‘process’ sont digitaux, c’est à double tranchant», estime Angelo Caci, directeur de Syrtals Cards & Beyond. «On peut se dire que des personnes mal intentionnées peuvent contourner certaines failles de ces systèmes automatisés mais, grâce à la technologie, on filtre plus efficacement.»
Il y a quelques jours, la BaFin, l’autorité de régulation allemande, a demandé à la néobanque allemande N26 de mettre en place des«contrôles internes» pour prévenir le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La banque doit notamment corriger des lacunes dans la surveillance informatique et dans la diligence raisonnable de la clientèle. N26 a admis qu’elle devait «faire davantage» dans la prévention contre le blanchiment d’argent, s’engageant à suivre les recommandations de l’autorité. La banque prévoit notamment d’«améliorer la surveillance des transactions» pour détecter le blanchiment d’argent et la fraude dans le e-commerce, en forte croissance, et de «renforcer» les protocoles de sécurité concernant la vérification d’identité.
Il s’agit du deuxième rappel à l’ordre pour la néobanque qui s'était déjà vu réclamer, en 2019, des garanties internes en matière de criminalité financière. Depuis lors, la banque avait recruté de nombreux experts en matière de risque et de conformité et doublé ses investissements pour financer la prévention de la criminalité financière et du blanchiment d’argent. Contacté par L’Agefi, N26 n’a pas donné plus de détails à ce sujet.
De son côté, la néobanque britannique Revolut a fait l’objet en 2019 d’une enquête de la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur bancaire britannique, sur son dispositif de conformité. Contacté par L’Agefi, un porte-parole de la banque précise que «Revolut ne cessera jamais de travailler dur et d’innover pour renforcer la protection de ses clients contre les activités criminelles». La banque dispose d’un «ensemble sophistiqué de systèmes de détection de la criminalité financière, y compris la diligence raisonnable des clients et le suivi des transactions». Ces systèmes sont continuellement améliorés et ont fait «leurs preuves en matière de découverte de cas de criminalité financière».
Au Royaume-Uni et en France également
En France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) considère que tous les établissements financiers, qu’ils soient établissement de crédit, de paiement ou de monnaie électronique, sont assujettis à la réglementation de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT), de la même façon. «Nous menons à ce titre des actions de contrôle», précise l’autorité à L’Agefi.
Il y a quelques jours, l’ACPR a prononcé à l’encontre de Carrefour Banque un blâme et une sanction pécuniaire de 1,5 million d’euros pour des manquements dans le dispositif LCB-FT. Fin février, elle a infligé à ING France un blâme et une amende de 3 millions d’euros, estimant que son dispositif de lutte anti-blanchiment était «globalement défaillant». Entre 2019 et 2020, ING France a investi 26 millions d’euros contre la criminalité financière.
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