Les géants de l’internet chinois ont pris une longueur d’avance dans la fintech
A la différence de l’Europe ou des Etats-Unis, la Chine a désormais largement dépassé le point de bascule dans la «disruption» des services financiers, estime Citi. Dans un rapport sur les perspectives de la fintech, la banque souligne la supériorité dans ce domaine des BAT (Baidu, Alibaba, Tencent) face aux GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Dans les services de paiement tiers (non bancaires), Alibaba et Tencent détiennent 33% et 10% de parts de marché respectivement, nettement au-dessus des 2% revendiqués par les GAFA pour les paiements non cash aux Etats-Unis.
Citi identifie plusieurs causes. Les géants chinois ont investi la sphère financière de longue date; Google s’est aventuré dans les paiements en 2011, sept ans après Alibaba avec Alipay. Deuxième élément, la puissance de l’e-commerce (40% du marché mondial) a accéléré le développement des services de paiement digitaux. Alipay a réalisé l’an dernier un volume total de paiements de 931 milliards de dollars, un montant plus de trois fois supérieur à celui de PayPal.
Les acteurs chinois de l’internet ont ensuite choisi de s’appuyer sur leurs réseaux sociaux pour pousser leurs services financiers. Tencent a ainsi développé son système de paiement peer-to-peer en convertissant les 550 millions d’utilisateurs de son application WeChat. Enfin, les BAT ont accordé une place stratégique à la finance dans leurs modèles. Alipay s’est ouvert au marché du paiement hors ligne en recourant au e-wallet et au QR code, ce qui représente une menace potentielle pour le réseau interbancaire UnionPay.
Si la Chine a basculé dans l'ère de la fintech, l’Inde fait figure de prochaine terre promise. Outre sa démographie, le pays présente de nombreux atouts : un programme d’inclusion financière (Dhan), un programme d’identification biométrique qui couvre 900 millions d’individus (Aadhaar) et enfin un fort taux d'équipement en téléphonie mobile (80%). Citi s’attend à ce que le marché indien s'élargisse de manière importante: «Les acteurs du e-commerce feront probablement une incursion dans le crédit et certains intervenants domineront les comptes mobiles (...)», avancent les auteurs du rapport. La vélocité des activités et des flux financiers ira en augmentant, ce qui devrait offrir plus d’opportunités que de risques à ceux qui adopteront la bonne stratégie.
Plus d'articles du même thème
-
Unilever relève ses prévisions après son meilleur trimestre en volumes depuis plus de dix ans
Porté par ses marques de beauté et de soins personnels sur les marchés émergents, le géant des biens de consommation a dépassé les attentes au deuxième trimestre et relevé sa prévision de croissance pour 2026, faisant bondir son titre en Bourse mardi. -
La tech tremble en Bourse sur fond de menace chinoise et de surinvestissement
Le secteur des semiconducteurs a encore été malmené ces dernières heures. L’irruption de concurrents chinois et des interrogations sur l’ampleur des dépenses de certains acteurs inquiètent. -
Bridgepoint signe un LBO dans la cybersécurité
Le fonds britannique entre au capital de l’éditeur belge de logiciels Lansweeper, marquant le premier LBO majoritaire de l’entreprise.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- La BCE suit la boussole des marchés
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
- BNP Paribas tient les promesses faites aux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
OpportunismeRomance entre Lula et Xi sur fond de défiance entre le Brésil et les Etats-Unis
Le gouvernement fédéral est prêt à un accord dé libre-échange entre la Chine et les pays du Mercosur -
Série (11/28)Un été d'essais politiques : Marchais, le dernier dinosaure
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Christian Gollier, président : « Je signe l'Accord de Pékin qui crée une taxe carbone mondiale »
SERIE. L'Opinion a demandé à Christian Gollier de se glisser dans la peau du locataire de l'Elysee. L'économiste imagine que les électeurs français et européens, chauffés à blanc par les canicules de l'été 2026 et fatigués par l'impuissance des partis traditionnels, portent au pouvoir les scientifiques du climat.