La Société Générale finance un incubateur pour recréer de l’emploi
Elle aurait pu ne pas y associer sa marque, mais le projet l’a finalement conquise. La Société Générale a financé à hauteur de deux millions d’euros un incubateur de fintech, baptisé Swave, lancé vendredi dernier à la Défense, par le biais de crédits de revitalisation des territoires qu’elle devait à la préfecture des Hauts-de-Seine. En effet, selon la loi de modernisation sociale de 2002, les entreprises de plus de 1.000 salariés qui procèdent à des licenciements collectifs pour motif économique, doivent verser une contribution destinée à créer de l’activité, développer des emplois et atténuer l’effet des licenciements sur le bassin d’emploi concerné. Le montant, négocié avec les pouvoirs publics, représente un à quatre fois la valeur du Smic par emploi supprimé.
La banque de la Défense, qui a annoncé, en décembre 2015, un plan de suppression de 2.000 emplois dans ses agences d’ici à 2020, était assujettie à cette convention. La préfecture des Hauts-de-Seine avait un projet d’incubateur en tête, pour «donner à la Défense la capacité de devenir un centre international de la finance de demain», a expliqué Isabelle Herrero, sous-préfète des Hauts-de-Seine chargée de mission pour le développement économique et l’emploi.
La Société Générale, de son côté, avait un projet d’incubateur interne, mais l’a finalement laissé de côté pour adopter cette initiative en «innovation ouverte». «Ce n’est pas un incubateur propriétaire», a souligné Didier Valet, directeur général délégué du groupe. «Il est aussi important pour les start-up de se dire qu’elles n’entrent pas chez la Société Générale», remarque Damien Cocat, chargé de mission développement économique à la Préfecture d’Île-de-France.
Fort de l’accord de la banque, l’Etat a confié la gestion de projet à Paris&Co, une agence de développement économique de la ville de Paris, déjà à la tête de 12 incubateurs comme le Tremplin (dédié au sport) ou le Welcome City Lab (dédié au tourisme). «C’est l’un des projets les plus ambitieux que nous avons conduits ces dernières années, dans un des temps les plus courts», a noté Loïc Dosseur, le pilote du projet chez Paris&Co.
L’association avait déjà créé un incubateur fintech au palais Brongniart, de 2010 à 2012, mais il n’avait pas décollé. «L’espace était trop petit, le secteur fintech était moins développé, et nous n’étions pas assez matures sur ce type de projets mêlant grands comptes et institutionnels», se rappelle Anne Gousset, directrice incubation chez Paris&Co.
Les autres partenaires de Swave sont NewAlpha AM, Crédit Municipal de Paris, Exton Consulting, et l’institut Louis Bachelier. Ils ont contribué au financement pour quelques dizaines de milliers d’euros chacun. «L’arrivée de nouveaux partenaires est souhaitée et vitale, remarque Aymeril Hoang, responsable de l’innovation à la Société Générale. Nous ne pourrons pas maintenir le niveau de financement que nous avons mis pour l’amorçage». L’objectif est de passer de 4 à 9 partenaires, un dans chaque verticale métier (une caisse de retraite, un assureur, un acteur de la grande distribution…).
L’incubateur sera logé au 19e et 20e étage de la Grande Arche, avec 2.500 mètres carrés de surface. Les tarifs seront de 5.000 euros par an pour l’accompagnement, plus 300 euros le mètre carré par an pour un bureau privatif ou 650 euros par mois pour trois à quatre postes de travail en open space.
L’initiative tombe à pic. Le Brexit donne l’opportunité de «renforcer l’attractivité de la place de Paris», a souligné Didier Valet. «Il y a une urgence, il faut absolument fédérer les énergies», a renchéri Alain Clot, président de France Fintech.
Plus d'articles du même thème
-
OTPP et GIC mènent un tour de série F de 750 millions de dollars dans Ramp
La fintech américaine spécialisée dans la gestion des dépenses d'entreprise boucle un tour de série F à 44 milliards de dollars de valorisation. -
DFNS fait peau neuve pour séduire les banques
La fintech DFNS spécialisée dans la fourniture de wallets crypto sécurisés se positionne comme fournisseur de core-banking système pour la finance on-chain. -
Wise plonge en Bourse à cause d’une enquête pour blanchiment en Belgique
La fintech a indiqué répondre à des questions de la justice belge après que des informations de presse ont fait état d’une enquête pour blanchiment. L’action, récemment cotée au Nasdaq, accuse le coup.
ETF à la Une
Exposition au MSCI World au coût le plus bas du marché
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L’Europe reporte de trois ans la finalisation du cadre réglementaire bancaire de Bâle
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIFCe banquier d'affaires qui lève des fonds pour Raphaël Glucksmann
La chasse aux soutiens financiers a déjà commencé pour le presque candidat de Place publique, qui sera en meeting à Aubervilliers samedi 13 juin -
Trois choses à savoir sur la proposition de « loi intégrale » contre les violences sexuelles
Face au choc provoqué dans l'opinion par l'affaire Lyhanna, un texte législatif transpartisan déposé fin 2025 est revenu au centre du débat politique -
Affaire Lyhanna : le patron de la gendarmerie reconnaît « un échec » pour l’institution
Le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, a reconnu, mardi 9 juin, « un échec » après la mort de Lyhanna, dont le principal suspect avait fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes pour des violences sexuelles sur mineures