La fintech Checkout réalise une levée record de 230 millions de dollars
C’est une arrivée en fanfare pour la discrète fintech britannique Checkout. Spécialisée dans les solutions de paiement en ligne, elle a levé le montant record de 230 millions de dollars (206 millions d’euros) pour son premier tour de table. Valorisée à 2 milliards de dollars à travers cette opération, la start-up a récolté auprès des fonds DST Global, Insight Venture Partners, du fonds souverain singapourien GIC Private et Endeavor Catalyst. Cette manne servira à financer «la poursuite de sa croissance rapide en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient ainsi que son expansion en Asie et en Amérique latine», a indiqué l’entreprise dans un communiqué.
Lancée en 2012 par Guillaume Pousaz, également directeur général, Checkout permet aux commerçants d’accepter différents moyens de paiements digitaux dans plus de 150 devises à travers le monde. La start-up sert d’intermédiaire entre Visa, Mastercard, PayPal et Apple Pay et ses clients parmi lesquels se trouvent Deliveroo, TransferWise, Samsung, Adidas ou encore Getty Images. Comptant 345 employés, répartis entre Londres où travaillent 200 personnes et huit autres bureaux, Checkout entend tripler ses effectifs dans les trois prochaines années. La fintech a généré en 2017 un chiffre d’affaires de 46,8 millions de dollars (42 millions d’euros), en hausse de 56% par rapport à l’année précédente et un bénéfice net de 6,7 millions d’euros, d’après ses derniers comptes publiés sur le registre britannique Companies House.
«Nous sommes le prochain Adyen», a résumé Guillaume Pousaz, interrogé par le Financial Times en octobre. «Adyen avait trois ou quatre ans d’avance sur nous lorsqu’ils ont commercialisé leur technologie… Il y a assez de nourriture sur la table pour tout le monde», a-t-il détaillé. Plus de 22 milliards de dollars de capital-risque ont en effet été investis dans les fintech liées aux paiements en 2018, soit quatre fois plus qu’en 2017, selon le Wall Street Journal. «Le marché des paiements digitaux devrait croître de 6.000 milliards de dollars d’ici 2021», rappelle de son côté Tom Stafford, associé chez DST Global. De quoi susciter l’appétit des investisseurs.
L’action de la fintech néerlandaise Adyen a ainsi gagné 195% depuis son introduction en bourse très remarquée. La start-up américaine Stripe, positionnée sur le même créneau, a pour sa part été valorisée à 22,5 milliards de dollars en janvier lors d’une levée de fonds supplémentaire de 100 millions de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique