La Banque Postale joue la carte responsable dans le paiement fractionné
Un acteur de plus, mais plus responsable. Hier, La Banque Postale (LBP) a annoncé le lancement de son offre de BNPL (Buy-now-pay-later, ou paiement fractionné), baptisée «Django». Un nom qui évoque la «liberté», selon ses dirigeants. Filiale à 100% de La Banque Postale Consumer Finance (LBP CF), Django est le «premier acteur de crédit à la consommation citoyen», a déclaré sa directrice générale, Jocelyne Amègan-Douaud, en conférence de presse.
La filiale devra «accompagner le développement du e-commerce, tout en capitalisant sur les liens solides tissés par le groupe La Poste avec de nombreux e-marchands à travers ses solutions logistiques ou ses solutions monétiques et de financement», a précisé Philippe Heim, président du directoire de LBP.
LBP, arrivée sur le marché du crédit à la consommation en 2009 seulement, a commencé il y a un an à réfléchir à une offre de paiement fractionné. Un secteur en plein essor mais controversé. Dans de nombreux pays, ses acteurs sont dans le viseur du régulateur, accusés de pousser des clients au surendettement. Pour éviter ces critiques alors qu’elle exerce une mission d’inclusion bancaire des clientèles fragiles, LBP a noué un partenariat avec l’association Crezus, qui lutte contre le surendettement en France.
Django proposera, dans un premier temps, une offre de paiement fractionné et différé, pouvant aller jusqu’à 6.000 euros d’achat, avant de s’étendre à d’autres services (crédit affecté, crédit a posteriori, prêt personnel) d’ici à la fin de l’année. Une quinzaine de commerçants utiliseraient déjà son offre, qui s’appuie sur les fintechs Stripe, prestataire de service de paiement, et Plaid, pour une partie du scoring et une solution de fractionnement. La filiale espère aussi se lancer en 2023 dans certains pays d’Europe du Sud.
Le marché du paiement fractionné devrait s’établir autour de 25 milliards d’euros en France d’ici à 2025, contre quelque 6 milliards d’euros en 2019, indique la banque. A cet horizon, Django ambitionne de conquérir 14% de ce marché, soit 3,5 milliards d’euros de production. Elle pourrait alors peser 40% de la production de crédit à la consommation du groupe. Elle devra faire face aux offres du géant suédois Klarna, d’un Oney (BPCE) ou encore de Floa, filiale de BNP Paribas. «On arrive pour normaliser le marché», glisse Franck Oniga, président du directoire de LBP CF.
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