JPMorgan pourrait émanciper sa blockchain afin de garantir son succès
La blockchain n’a pas encore trouvé son modèle d’organisation et de gouvernance, comme le montrent les fréquents revirements des entreprises travaillant sur cette technologie. Peut-être la prochaine sur la liste, JPMorgan aurait entamé les premières étapes d’une réflexion en vue d’une scission de son principal projet dédié à la blockchain, Quorum, selon des sources citées jeudi par le Financial Times, puis Bloomberg et Reuters. La première banque américaine en termes d’actifs caresse l’idée que sa plate-forme aurait un plus grand pouvoir d’attraction si elle était indépendante.
Créé en 2016, Quorum est un logiciel fonctionnant sur la blockchain Ethereum. Il se veut une version customisée de technologie du registre distribué pour les entreprises clientes de JPMorgan. En octobre dernier, la banque a lancé avec RBS et ANZ un projet de création d’un réseau interbancaire de traitement des paiements basé sur Quorum. ING, ABN Amro, la Société Générale et Louis Dreyfus Company ont utilisé Quorum dans le négoce agricole, tandis que les banques centrales de France, du Brésil, de Singapour et d’Afrique du Sud le testent pour leurs systèmes de paiement. Il est aussi employé par Microsoft ou encore Pfizer.
Pour atteindre le succès, les initiatives blockchain ambitionnent de devenir un standard de place, utilisées par le maximum de partenaires. Or, selon des sources citées par le Financial Times, certaines banques seraient réticentes à utiliser Quorum à cause de ses liens avec JPMorgan. Le spin-off permettrait de contourner cette difficulté. JPMorgan garderait une participation minoritaire après la scission, qui pourrait intervenir cette année, selon le quotidien.
Parallèlement, la solution des consortiums n’est pas la panacée. En avril 2017, JPMorgan avait quitté le consortium R3, le plus grand sur la technologie du registre distribué. D’autres grandes banques avaient déjà claqué la porte, suivant l’exemple donné par Goldman Sachs fin 2016. En juillet dernier, un autre partenariat blockchain s’est dissous, entre Euroclear et la start-up américaine Paxos. Il concernait les services de règlement de titres sur l’or.
Pour JPMorgan, la blockchain est un sujet d’autant plus sensible que son PDG Jamie Dimon avait violemment critiqué le bitcoin, la cryptomonnaie basée sur cette technologie. Mais début janvier, il a dit regretter ses propos, précisant : «la blockchain est bien réelle».
Plus d'articles du même thème
-
Les banques centrales avancent sur l'usage de la tokenisation pour les paiements transfrontaliers
Le projet Agora réunit sept banques centrales et plus de 40 institutions financières privées pour créer une plateforme de tokenisation commune pour les paiements transfrontaliers de gros. Lancé il y a deux ans, le prototype a livré fin mai ses premières conclusions. -
Des blockchains tirent leur épingle du jeu pour équiper les institutionnels
Alliant blockchains privées et publiques, les banques et d'autres acteurs des marchés financiers testent différentes infrastructures pour s'essayer à la tokenisation. La blockchain Canton semble les attirer particulièrement. -
Tokenisation rime avec révolution
Crypto-actifs - Sur la blockchain, il est désormais possible de « tokeniser » différents actifs. Pour optimiser leur gestion de trésorerie, les entreprises ont le choix.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Plan de volLes quatre options de Berlin après l'échec du SCAF
Plusieurs groupes industriels allemands se sont positionnés, sous la houlette d'Airbus, pour concevoir intégralement un avion de combat. -
Tribune libreJean-Jacques Urvoas : « L'affaire Lyhanna, une crise qui ne produira rien »
« En focalisant les attentions sur la mise en cause de “dysfonctionnements” désignés avant même les conclusions de l’inspection, et en laissant le champ libre à un face-à-face convenu sur les seuls moyens budgétaires, la Chancellerie a réussi à occulter la dimension systémique du drame » -
EXCLUSIFCe banquier d'affaires qui lève des fonds pour Raphaël Glucksmann
La chasse aux soutiens financiers a déjà commencé pour le presque candidat de Place publique, qui sera en meeting à Aubervilliers samedi 13 juin