HSBC veille à ce que la culture bancaire n’étouffe pas l’innovation
Comment se transformer face à la concurrence digitale et au changement de comportement des clients ? La question a réuni de nombreux dirigeants vendredi dernier, lors du deuxième sommet sur l’innovation organisé par HSBC à Londres. L’état-major du groupe en a profité pour donner sa vision de l’évolution du métier bancaire.
«Il est faux de dire que les banques se tirent une balle dans le pied en fermant des agences: les clients n’y vont plus», a déclaré Stuart Gulliver, directeur général d’HSBC. Et d’illustrer : «95% des retraits de nos clients sont faits depuis des distributeurs automatiques, 70% de leurs interactions avec nous sont digitales. Il ne faut pas se tromper sur l’origine des menaces.»
La banque investit 6 milliards de dollars par an dans ses systèmes d’information : 4,7 milliards sont consacrés à l’entretien et la mise à jour des systèmes existants, et 1,3 milliard à la création de nouveaux systèmes. L’héritage informatique des banques est l’un de leurs principaux freins à l’innovation par rapport à de nouveaux concurrents plus agiles.
Plutôt que de tout reconstruire de zéro, HSBC préfère utiliser les solutions existantes développées par des fintechs. La stratégie du groupe consiste à nouer des partenariats avec certaines en prenant une participation au capital de l’ordre de 25% : assez pour avoir un siège au conseil d’administration, mais pas trop pour étouffer la culture entrepreneuriale.
Car la banque est consciente que sa culture peut rebuter certains profils. Elle a excentré 3.000 employés travaillant sur le digital de son siège emblématique de Canary Wharf, afin d’«éviter une certaine tension avec les autres employés et l’environnement culturel de la banque», a expliqué Stuart Gulliver vendredi. Les employés ont rejoint un bâtiment de Southwark où loge aussi l’hebdomadaire dédié au rock New Musical Express.
Les fintechs ne sont pas qu’un cheval de Troie de l’innovation : elles sont aussi des apporteurs d’affaires. En juin dernier, HSBC a participé à la levée de fonds de 75 millions de dollars de Tradeshift, une plate-forme visant à digitaliser les chaînes logistiques. La banque compte lancer d’ici six mois des produits financiers dédiés. «Nous allons traiter la majorité de leurs flux financiers parce que notre produit sera le meilleur», a déclaré Vivek Ramachandran, chef de produit pour le commerce international et le financement de créances.
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