Dune, premier protocole blockchain français, sur les rails
Un nouveau protocole blockchain et une nouvelle cryptomonnaie, Dune, seront lancés le 10 septembre, issus d’une scission d’un autre projet tricolore, Tezos.
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Capucine Cousin
Dune se présente comme une plate-forme de développement pour des applications tierces sur la blockchain.
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Un des premiers projets français «crypto» s’apprête à voir le jour, alors que le secteur est porté par la reprise du cours du bitcoin, qui a bondi de 178% depuis janvier. Le projet Dune, un nouveau protocole blockchain doublé d’une nouvelle cryptomonnaie, sera lancé le 10 septembre, comme l’a dévoilé Capital. Dune est développé depuis quelques semaines au sein de la start-up Origin Labs. Dune se présente comme une plate-forme de développement pour des applications tierces sur la blockchain, de manière décentralisée. Ses concepteurs prennent pour modèle Ethereum, fort d’une capitalisation de 20 milliards de dollars, qui a réussi à attirer des milliers des développeurs sur sa plate-forme de développement.
Ce projet est soutenu par la start-up française Origin Labs, dirigée par Fabrice le Fessant, ingénieur à l’Inria (auparavant fondateur d’OCamlPro), qui compte 11 ingénieurs pour son lancement. Il bénéficie, pour l’essentiel, du soutien du fonds franco-américain Starchain Capital, qui a déjà investi dans une quinzaine de start-up «crypto» (telles Coinbase, Orchid) depuis 18 mois, et revendique 11 millions de dollars d’actifs sous gestion. Mais plusieurs entrepreneurs de renom ont aussi versé leur obole, tels Xavier Niel (Free), Marc Simoncini (Meetic, Jaïna Capital), et Jean-David Blanc (Allociné, Molotov). «Nous avons réuni un premier ticket d’un million d’euros en mai dernier», précise à L’Agefi Cyril Paglino, cofondateur de Starchain. Le jeune entrepreneur avait notamment créé par le passé la start-up de transfert d’images Tribe.
Mais Dune n’est pas partie de rien. Elle est issue d’une scission au sein de la communauté chargée du développement du protocole blockchain français Tezos, créé en 2014 (767 millions de dollars de capitalisation), Origin Labs ayant été créée par une équipe blockchain spécialisée originaire du groupe OCamlPro, un langage de programmation français utilisé pour Tezos. «Nous avons pris contact avec eux il y a six mois, puis avons créé l’entreprise Origin Labs avec eux, pour développer et lancer le protocole», précise Cyril Paglino.
Attirer des développeurs
Une «fork» plutôt classique dans l’univers de la blockchain, mais l’annonce de ce projet avait suscité des remous au sein de la communauté Tezos, déjà agitée, par le passé, par des différends juridiques et financiers. «Une fork permet, comme dans l’univers du logiciel libre, de reprendre le code-source du projet de cryptomonnaie d’origine. Dune s’appuie donc sur de l’existant», précise Manuel Valente, directeur analyse et recherches de Coinhouse.
La pérennité de Dune dépendra de sa capacité à attirer des développeurs : «il faut que son protocole soit utilisé pour de nombreux projets (par exemple dans les assurances), et que les développeurs choisissent la blockchain Dune parce qu’elle est la meilleure», poursuit Manuel Valente. Le projet Dune est tourné vers les applications décentralisées destinées aux entreprises : «nous avons déjà signé des contrats avec des clients et des partenaires, des start-up et des groupes industriels», assure Cyril Paglino.
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