Critiqué sur ses preuves de réserves, Coinbase contre-attaque
Depuis la chute de FTX, chacun des tweets du PDG de Binance Changpeng Zhao est scruté avec la plus grande des attentions, particulièrement lorsqu’il s’agit d’évoquer les preuves de réserve de ses concurrents. Le 22 novembre, celui qui se fait surnommer CZ a tweeté des liens vers des articles qui, à la lecture, permettaient de douter de la véracité du nombre de bitcoins que détiendrait l’américain Coinbase. «Il ne s’agit que d’articles de presse et non d’une affirmation», a précisé l’entrepreneur d’origine chinoise.
Tout est parti des difficultés rencontrées par le plus gros véhicule d’investissement de Grayscale, le Grayscale Bitcoin Trust (GBTC) lancé en 2013 par Digital Currency Group actuellement dans la tourmente après la chute de FTX et qui a annoncé devoir lever 1 milliard de dollars des fonds pour survivre.
Le GBTC permet aux investisseurs de s’exposer passivement au bitcoin en achetant des actions GBTC. La valeur de l’action suit donc celle du cours de la cryptomonnaie. Son fonctionnement incite les investisseurs à investir de l’argent dans le fonds qui promet en retour d’acheter du bitcoin et de le détenir en propre. Un moyen qui permet d’investir et de répliquer de manière fidèle la trajectoire du bitcoin, alors même que son ETF Bitcoin n’a toujours pas été approuvé par la Securities Exchange Commission (SEC).
Mais depuis les révélations sur la gestion calamiteuse, voire frauduleuse de l’empire de Samuel Bankman-Fried, les doutes se portent notamment sur la gestion par Grayscale de ses bitcoins qu’il est censé détenir. Ainsi, l’action GBTC ne cesse d’être décotée en se négociant à un nouveau record à la baisse de 45% par rapport à la valeur net du bitcoin. Les doutes se sont accentués lorsque Grayscale a refusé de publier ses réserves, pour «raison de sécurité».
2 millions de bitcoins sous gestion
Pour tenter d’éteindre la crise de confiance, Coinbase s’est porté garant le 18 novembre des réserves des 635.000 bitcoins de Grayscale dans une lettre à l’intention de ses investisseurs signée par son directeur financier Alessia Hass et par son directeur général Aaron Schnarch. «Les actifs numériques sous-jacents à chaque produit Grayscale restent la propriété exclusive de ce produit. Coinbase ne prend aucun droit, intérêt ou titre sur les actifs numériques d’un produit Grayscale, et ne reflète jamais les actifs numériques d’un tel produit Grayscale comme un actif dans son bilan», affirment-ils.
Cette lettre n’a pas fait retomber la pression, les investisseurs encore traumatisés par FTX voulant davantage de garanties. En réponse au tweet de CZ, c’est le PDG de Coinbase Brian Armstrong qui s’est exprimé, rappelant à demi-mot que son entreprise, de par sa cotation sur le Nasdaq, avait beaucoup plus d’obligations que la plupart des plateformes d’échange crypto.
«Si vous voyez de la confusion dans les esprits, n’oubliez pas que nos finances sont publiques. Nous détenons 2 millions de bitcoins d’une valeur de 39,9 milliards de dollars au 30 septembre 2022», a-t-il tweeté. Une déclaration en phase avec les derniers résultats publiés par son entreprise qui indiquent par ailleurs que les bitcoins comptent pour 42% de la part des cryptoactifs conservés par Coinbase, suivi à 25,3% par l’ether (ETH), la cryptomonnaie native du réseau Ethereum. Une conservation colossale puisque l’entreprise dirigée par Brian Armstrong garderait donc environ 10% des bitcoins actuellement en circulation pour le compte de ses clients.
L’action de Coinbase a atteint un niveau historiquement bas le 21 novembre, se négociant à 42 dollars avant de remonter à 44 dollars ce mercredi, bien loin de sa cotation à 370 dollars lors de son introduction en Bourse en avril 2021.
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