Checkout bat les records en levant un milliard de dollars
Une nouvelle levée de fonds stratosphérique, qui explose les records affichés ces derniers jours par les «licornes» de la French Tech. La fintech britannique Checkout a bouclé un tour de table en série D d’un milliard de dollars (880 millions d’euros), qui porte sa valorisation «à 40 milliards de dollars», annonce-t-elle dans un communiqué ce mercredi.
La fintech britannique, créée en 2012 est moins connue que les deux autres stars du secteur puisqu’elle n’a commencé à faire parler d’elle qu’en mai 2019 à l’occasion de sa première levée de fonds… de 230 millions de dollars. Valorisée 15 milliards de dollars en janvier 2021, lors de son tour de table précédent, en un an, elle a donc presque triplé sa valorisation.
Derrière Adyen et Stripe
Avec une telle valorisation, à 40 milliards de dollars, la plateforme de paiements en ligne arrive au firmament. Elle devance désormais la néobanque Revolut, valorisée 33 milliards de dollars avec sa dernière levée de 800 millions de dollars. Elle reste en revanche loin derrière ses deux principaux concurrents, Adyen et Stripe, respectivement valorisés 61 et 95 milliards de dollars. Au passage, cela donne à son fondateur et plus gros actionnaire, le Suisse Guillaume Pousaz, 40 ans, une fortune proche de 20 milliards de dollars.
Pour ce nouveau tour de table, elle compte de nouveaux investisseurs de poids, tels Altimeter, Franklin Templeton, le fonds souverain Qatar Investment Authority, le fonds américain Tiger Global, tandis que ses investisseurs initiaux, tels Coatue Management, DST Global et Ribbit Capital, ont remis la main au pot.
Trois fois plus de transactions en un an
Checkout fournit des services de paiement à des sociétés de e-commerce et de services tels que Netflix, Pizza Hut, Siemens ou Sony, mais aussi à d’autres fintechs comme Revolut ou à des acteurs de cryptomonnaies tels que Coinbase. Elle a été portée par la pandémie et l’expansion de l’économie collaborative, qui ont fait bondir les volumes d’opérations en ligne : en un an, son volume de transactions traitées a été multiplié par trois, «pour la troisième année consécutive», indique-t-elle. Pour autant, la société non cotée reste discrète sur ses chiffres : elle ne communique ni son nombre de clients, ni son volume de transactions traitées, ni ses résultats : tout juste se dit-elle rentable «depuis plusieurs années».
Avec cette levée de fonds, elle souhaite développer son activité sur le marché américain, où elle est présente depuis 2017. Elle y a déjà basé presque tous les membres de son équipe de direction, étoffée cette année, avec notamment l’arrivée d’une directrice financière (chief financial officer), Céline Dufétel. Diplômée de l’Ecole Polytechnique et de l’université de Princeton selon son profil LinkedIn, elle a rejoint l’équipe de direction de Checkout en septembre dernier, après avoir travaillé notamment pour les gestionnaires d’actifs T. Rowe Price et Neuberger Berman.
Checkout a déjà développé outre-Atlantique «une véritable plateforme de paiement de bout en bout», et y propose une plateforme entièrement basé sur le cloud et connectée aux réseaux locaux. Elle «permet aux grands commerçants d’accepter les paiements numériques, et aux consommateurs de payer avec leur mode de paiement préféré, qu’il s’agisse de cartes de débit ou de crédit, ou de méthodes de paiement alternatives», précise Céline Dufétel à L’Agefi.
Lancée dans une course en avant, en un an, elle a presque doublé ses effectifs, passant de 1.000 à 1.700 salariés, répartis dans 19 bureaux dans le monde. Sur la seule année 2021, elle a ouvert des bureaux «à New York, en Espagne, en Estonie, en Chine, en Arabie saoudite en en Irlande», indique Céline Dufétel.
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