Bouygues Telecom fait un premier pas dans la banque
Nous ne sommes pas une banque et nous ne souhaitons pas le devenir», prévient Sylvain Goussot, responsable data et innovation de Bouygues Telecom, quelques jours après la prise de participation minoritaire de l’opérateur de télécoms dans la néobanque pour adolescents Xaalys. Le montant de l’opération, réalisée par le fonds Bouygues Telecom Initiatives, véhicule de capital risque du groupe, n’a pas été communiqué.
Alors qu’Orange a lancé Orange Bank en 2017 et queFree a obtenu un agrément d'établissement de paiement, Bouygues Telecoms assure que son investissement «n’implique pas le lancement d’une activité bancaire». Bouygues Telecoms Initatives est plutôt à la recherche d’expériences digitales. «Cela nous aide dans notre politique de développement et la finalité est de comprendre comment les start-up viennent bousculer les acteurs plus traditionnels», explique Sylvain Goussot.
Pour Xaalys, qui vise uniquement les adolescents âgés de 12 à 17 ans, Bouygues est un investisseur «idéal, puisque nous avons le même sous-jacent, à savoir le téléphone mobile», explique Blaise Colomes, le directeur opérationnel de Xaalys, qui compte profiter du réseau de distribution d’un groupe à 16 millions de clients. Il rappelle qu’«il s’agit du premier investissement de Bouygues dans une fintech».
Lancée en avril, Xaalys revendique 15.000 utilisateurs et en vise entre 40.000 et 50.000 en 2020. Seuls 1.000 utilisateurs ont pris un abonnement payant mais la fintech espère en conquérir entre 15.000 et 20.000 l’an prochain. Xaalys propose aux jeunes de 12 à 17 ans d’ouvrir un compte en banque à leur nom, de disposer d’un Iban et d’une carte de paiement, pour un coût de 2,99 euros par mois auxquels s’ajoutent 10 euros à l’ouverture.
Depuis l’annonce de la levée de fonds, les groupes se sont rencontrés à plusieurs reprises mais ils veulent prendre leur temps. «Nous envisageons une action de co-marketing, afin de faire connaître l’offre Xaalys auprès de nos clients. L’offre conjointe n’est pas la première piste, on lui donne d’abord accès au marché», précise Sylvain Goussot. Pourtant, des projets communs devraient voir le jour en 2020, notamment via le smartphone et par abonnement.
La fintech de 13 employés envisage de recruter entre 10 et 15 personnes supplémentaires en 2020. Xaalys prévoit de se lancer à l’international à partir de 2021, en visant notamment l’Europe continentale et la zone euro.
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