Bercy s’intéresse à l’impact environnemental des crypto
Des acteurs crypto français et européens représentés par l’Adan (Association pour le développement des actifs numériques) ont été reçus à Bercy mardi. Cette réunion avait pour objectif de préparer la publication d’un rapport prévu pour novembre prochain «sur le développement des cryptomonnaies, sur ses enjeux et sur ses impacts environnementaux actuels et à venir», comme indiqué dans l’article 27 de la loi du 15 novembre 2021 visant à «réduire l’empreinte environnementale du numérique en France».
Guerre de chiffres
«La réunion a été très positive. Les enjeux auxquels est confronté le secteur et la réalité de l’impact environnemental sont mieux compris. Nous sommes allés bien au-delà des poncifs habituels», se félicite la présidente de l’Adan, Faustine Fleuret. Selon nos informations, Bercy chercherait à établir une cartographie de l’impact environnemental, notamment, du minage de bitcoins, les données existantes sur le sujet étant imprécises ou jugées partisanes.
En mars dernier, dans le cadre des négociations de MiCa (Market in crypto-Assets), un amendement proposant l’interdiction du système de «preuve de travail» (PoW, pour «proof of work»), sur lequel repose Bitcoin, avait provoqué un tollé dans la sphère crypto. Il avait finalement été retoqué. Des représentants de l’écosystème crypto proches du dossier avaient dénoncé «l’inexactitude» des sources auxquelles se référaient certains députés européens. Ils visaient en grande partie le très contesté site Digiconomist, fondé par Alex de Vries, qui a notamment travaillé pour la banque centrale néerlandaise.
Deux autres sources sont régulièrement citées. Le Bitcoin Mining Council, entité fondée sous l’impulsion de l’un des plus fervents défenseurs du bitcoin, Michael Saylor, dont les données affirment que plus de 60% de l’électricité utilisée pour miner la reine des cryptomonnaies serait produite à partir d’énergies «vertes». Ensuite, l’outil proposé par l’université de Cambridge, qui évalue la consommation du bitcoin à 94 térawattheures par an. Un chiffre qui permet à ses détracteurs de comparer sa consommation à celle d’un pays comme la Suède ou l’Irlande.
Les mineurs français et européens se défendent en rappelant qu’aucun site de minage de bitcoins n’est physiquement installé sur le territoire européen à cause du coût de l’électricité trop élevé, le prix du kilowattheure dépassant les 20 centimes d’euro, alors que pour que leur activité soit rentable, les mineurs doivent capter une électricité à moins d’environ 10 centimes d’euro le kilowattheure.
L’autre sujet sensible régulièrement remis sur le devant de la scène concerne le recyclage du matériel de minage et, surtout, des mineurs ASICs, les ordinateurs spécifiquement dédiés au minage de bitcoins. Selon les données de Digiconomist, la durée de vie de ce matériel n’excéderait pas les dix-huit mois. Alors que les mineurs français interrogés par L’Agefi affirment que ces données sont «inexactes», certains ASICs pouvant fonctionner au moins quatre à six ans après leur mise en service.
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