Ziggo rappelle les belles heures du crédit avant la faillite de Lehman Brothers
C’est une preuve supplémentaire du retour de la confiance des investisseurs envers l’Europe. Le câblo-opérateur néerlandais Ziggo a initié il y a dix jours la souscription auprès d’investisseurs institutionnels, non bancaires, du plus gros prêt de ce type depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008. La taille de ce «term loan B» s’élève à 3,73 milliards d’équivalents euros, dépassant largement les 1,25 milliard d’euros placés en 2009 par HeidelbergCement, noté comme Ziggo en catégorie spéculative.
Les plus grosses émissions de term loan B réalisées en 2013 par Virgin Media (2,8 milliards d’euros) et DE Master Blenders’ (1,75 milliard) sont également dépassées.
Le prêt de Ziggo arrive à échéance en janvier 2022. Il est divisé en deux tranches, l’une en euros (2 milliards), la seconde en dollars (2,35 milliards), avec, dans le premier cas, une prime comprise entre 275 et 300 points de base par rapport à l’Euribor et de 250 à 275 pb par rapport au Libor pour la partie en dollars. Deux covenants sont attachés au crédit: l’un sur le levier de dette senior, le second sur le levier cumulé. Le placement est dirigé par BoA Merrill Lynch et Credit Suisse, avec onze banques en soutien : ABN Amro, le Crédit Agricole, Deutsche Bank, HSBC, ING, JPMorgan, Morgan Stanley, Nomura, Rabobank, Scotiabank et la Société Générale.
Ce prêt entre dans le cadre d’un refinancement plus large de la dette de Ziggo suite au projet de rachat du câblo-opérateur par l’américain Liberty Global. Le groupe néerlandais propose de racheter ses 750 millions d’euros d’obligations à échéance 2020 et lance également des offres sur ses lignes 2017 et 2018.
Selon Euroweek, plus de 150 investisseurs potentiels se sont pressés pour assister à la présentation organisée par la direction de Ziggo à Londres fin janvier, preuve de l’appétit des institutionnels pour ce type de dette. L’opération pourrait donner des idées à d’autres émetteurs. Les émissions de «term loan B» ont déjà recueilli plus 10 milliards de dollars pour le seul mois de janvier selon Dealogic, un record depuis 2007. Elles avaient déjà augmenté de 61% l’an dernier par rapport à 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester