Yoox et Richemont créent un géant de la vente en ligne dans le luxe
Au terme d’une année difficile en Asie, à l’instar du secteur du luxe, Richemont entend soutenir ses ventes via internet. Le groupe suisse, propriétaire de Cartier et Mont-Blanc, a annoncé hier le projet de fusion entre sa filiale Net-A-Porter (NAP) et l’italien Yoox. L’ensemble, coté à Milan, formera le leader mondial de la vente en ligne de produits de luxe, fort d’un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros.
Concrètement, Yoox (conseillé par Goldman Sachs) va acquérir NAP pour un montant d’environ 719 millions, payable en actions. Au terme de l’opération (qui doit être approuvée à l’assemblée générale de Yoox en juin et dont la conclusion définitive est prévue en septembre), Richemont détiendra 50% du capital de la holding cotée (toujours à Milan) du nouvel ensemble, lequel sera rebaptisé Yoox Net-A-Porter Group. «Pour préserver l’indépendance de Yoox Net-A-Porter Group, les droits de vote de Richemont seront limités à 25%», précise le groupe suisse, qui s’est engagé à conserver au moins l’équivalent de 25% du capital de la future société au cours de ces trois prochaines années. Richemont disposera de deux membres au conseil d’administration, qui en comptera «au moins» 12.
La nouvelle société devrait lancer une augmentation de capital de 200 millions d’euros pour financer sa future croissance (y compris à travers des acquisitions) et permettre l’entrée d’«investisseurs stratégiques», indique Richemont, conseillé par Nomura et Lazard dans cette transaction. Le groupe suisse a l’intention de participer à cette émission à hauteur de 100 millions.
La Bourse a accueilli l’annonce diversement. L’action Richemont a perdu 2,1% (à 78,3 francs), tandis que Yoox a bondi de 11,1% (à 25,8 euros). «L’opération est probablement intéressante pour Yoox et NAP, qui joignent leurs forces respectives dans la vente en ligne [...]. Une cession pure et simple aurait probablement été préférable pour les actionnaires de Richemont, nuance toutefois dans une note Arnaud Cadart, analyste chez CM-CIC Securities. Il faut donc s’attendre à ce qu’une décote soit appliquée sur cet actif.» Mais, pour Mirabaud Securities, cette fusion aura un effet très positif sur la rentabilité de Richemont, donnant à la nouvelle entité un pouvoir de négociation plus important face aux géants de la technologie, qui empiètent de plus en plus sur le champ du luxe.
L’opération générera pour Richemont un gain comptable de 317 millions d’euros pour l’exercice -2016 (clos le 31 mars).
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