Ymagis supprime un risque de dilution avec un Euro PP
Le cinéma aime les Euro PP. Après les émissions réalisées récemment par Gaumont puis par l’exploitant de complexes Kinepolis, Ymagis a placé mi-février 36,5 millions d’euros d’obligations. L’opération, arrangée par Oddo & Cie, était divisée en deux tranches. La première, d’une maturité de 4 ans, porte sur 17,5 millions d’euros, avec un coupon de 4%. La seconde, à 5 ans, s’élève à 19 millions d’euros à 4,25%.
«Le remboursement in fine et la maturité des deux tranches s’accordent au profil de génération de cash-flow libre de notre activité de financement de la transition numérique des salles de cinéma», explique Jean-Marie Dura, le directeur général d’Ymagis. «La décomposition en deux tranches de maturités différentes à 4 et 5 ans répond aux attentes des investisseurs, notamment celles des fonds datés», ajoute Nadine Veldung, responsable de l’origination DCM chez Oddo & Cie.
Original, le modèle économique d’Ymagis ressemble à celui d’une « utility ». Afin d’aider les exploitants de salles de cinémas à numériser leurs équipements, et de redistribuer une partie des économies générées par la copie numérique (9 à 14 fois moins chère qu’une bande en 35 mm), les majors américaines ont mis sur pied dans les années 2000 le système des virtual print fee : un loyer payé pour chaque film diffusé en salle, pendant une période donnée d’environ dix ans, couvre le coût d’installation des projecteurs et autres équipements numériques. Leader européen de ce mécanisme, Ymagis fournit le matériel pour les exploitants qu’il finance généralement par crédit-bail. Une fois les équipements payés, l’activité commence à générer des cash-flows libres.
Mais pour Ymagis, cet Euro PP a une autre vertu. Il va permettre de refinancer la structure de dette qui avait été mise en place lors de l’acquisition du belge Dcinex, ce qui va «réduire les charges financières et supprimer une importante source de dilution», indique Jean-Marie Dura.
Le groupe va rembourser par anticipation 15,4 millions d’euros d’obligations avec bons de souscription d’actions (Obsa) dont le coupon aurait pu passer de 3,5% à 7,5% début 2016. La disparition des Obsa annihile ainsi un risque de dilution de 18,9% du capital. Enfin, le produit des obligations servira à rembourser les 13,9 millions d’euros de dette junior de Dcinex dont le taux s'élevait à 9,8%.
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