Wind prépare une restructuration de dette d’au moins 5,3 milliards d’euros
Actuellement détenu par l’homme d’affaires Naguib Sawiris, Wind prépare une importante restructuration de sa dette bancaire et obligataire avant de passer sous le contrôle du russe VimpelCom. Selon des sources proches du dossier, l’opérateur télécoms italien va d’abord refinancer «plus de 3,4 milliards d’euros de dette bancaire à travers un crédit revolving de 400 millions d’euros à 6 ans et un prêt à terme en deux tranches de chacune 1,51 milliard». La tranche A à échéance 2016 prévoit une marge bancaire de 400 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor, alors que la marge s’élèvera à Euribor + 450 pb pour la tranche B expirant en 2017.
Le syndicat bancaire comprenant une douzaine d’établissements n’a pas été rebuté par le fait que la dette à long terme de Wind soit placée en catégorie spéculative (Ba3 chez Moody’s, B+ chez S&P et BB- pour Fitch), «compte tenu du fait qu’il a depuis 2005 procédé à des remboursements partiels totalisant 2,2 milliards d’euros sur sa dette senior», relèvent les analystes de CreditSights. A fin septembre la dette nette de 8,3 milliards d’euros correspondait à 3,8 fois l’excédent brut d’exploitation de Wind contre 4,1 fois au 31 décembre 2009.
Le groupe devrait également prochainement émettre «au moins 1,9 milliard d’euros d’obligations seniors garanties ». Ces titres à haut rendement serviront à refinancer un emprunt second lien (540 millions d’euros et 180 millions de dollars) expirant en 2014, ainsi que deux obligations high yield à maturité 2015 de 950 millions d’euros et 650 millions de dollars, assorties de coupons respectifs de 11 et 12 %. En revanche, plusieurs lignes obligataires à échéance 2017, dont un emprunt PIK (remboursable en espèce ou en titres), ne devraient pas être concernées à ce stade.
«Etant donné que la charge d’intérêt de Wind est supérieure à 500 millions d’euros par an, les économies réalisées pourraient accroître de plus de 50% le montant des synergies (370 millions de dollars par an) anticipé par VimpelCom», calcule-t-on chez CreditSights. En cas d’échec de la vente à VimpelCom, ce refinancement permettrait de toute façon à l’opérateur italien de sécuriser un financement de long terme «à un taux bien plus avantageux que les 8,2% du coût moyen de sa dette au 30 juin», conclut le bureau d’analyse.
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