Washington et Pékin scellent un accord a minima sur l’échange de données comptables
Il s’agit d’un pas dans la bonne direction», s’est félicité vendredi James Doty, le président du régulateur comptable américain (PCAOB, Public company accounting oversight board), au sujet de l’accord de coopération signé avec ses homologues chinois autour des comptes des sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis. Le commentaire de James Doty trahit néanmoins tout autant un sentiment d’inachevé. L’accord, s’il n’est en effet qu’une victoire en demi-teinte pour les Etats-Unis, apporte tout de même un apaisement après deux années de négociations, dans le cadre d’un épineux dossier qui déborde le cadre strict de la comptabilité pour envenimer les relations entre les deux pays.
Les affaires sur la sincérité des comptes des nombreuses entités cotées aux Etats-Unis de sociétés basées en Chine se sont succédé ces dernières années, les autorités américaines se heurtant au manque de transparence de Pékin, qui invoquait la raison d’état. Plus d’une centaine de valeurs ont été pointées du doigt, dont la chute du cours a représenté des milliards de dollars de pertes pour les investisseurs.
Or, l’accord entre le PCAOB et le ministère chinois des Finances et, surtout, le régulateur local des marchés (CSRC, China Securities Regulatory Commission), concerne la transmission de documents liés à des poursuites contre les commissaires aux comptes, non pas directement à des sociétés soupçonnées de fraude comptable. Tout document confidentiel échangé devra d’ailleurs désormais le rester. L’accord en outre ne permet pas au régulateur américain, ce qui constituait pourtant un élément clé de ses exigences, de se rendre physiquement en Chine pour scruter sur le terrain les comptes.
Et l’accord ne permettra pas directement de résoudre l’emblématique poursuite de la SEC envers les entités chinoises de cinq cabinets majeurs d’audit (les «Big Four» et BDO), qui, accusées d’opacité, se retranchent derrière la réglementation chinoise. Le PCAOB est autorisé à transmettre des documents à la SEC, mais uniquement s’ils concernent une de ses propres enquêtes.
James Doty a assuré que les négociations se poursuivaient pour améliorer les termes de l’entente. Alors que la CSRC s’est réjouie d’une «étape significative», James Doty a vu dans le changement de ton de Pékin la reconnaissance implicite d’une nécessaire plus grande transparence afin de disposer d’un accès élargi aux marchés internationaux de capitaux.
Plus d'articles du même thème
-
Spiko et Amundi revendiquent le plus grand fonds tokenisé au monde
Sept mois après son lancement, le fonds monétaire tokenisé Spiko Amundi Overnight Swap Fund (SAFO), commercialisé sous le nom Smart Cash, est devenu le premier fonds tokenisé au monde en termes d’encours, selon un communiqué de Spiko. Au 23 octobre, ses actifs atteignaient 2,38 milliards de dollars, contre 2,37 milliards pour USYC de Circle et 2,17 milliards pour BUIDL de BlackRock. -
Microsoft bat les attentes et dépense moins que prévu
Le groupe d'informatique a révélé des résultats trimestriels et une génération de trésorerie au-dessus des prévisions grâce à une solide performance dans le cloud. Ses investissements sont aussi plus faibles qu'anticipé en raison d'effets de calendrier. -
La Caisse prend 49,9 % des tours télécom de Bell, un an après celles de Telus
L’investisseur institutionnel québécois entre au capital de la nouvelle société qui regroupe les tours de télécommunications de l’opérateur canadien, pour 2,45 milliards de dollars canadiens.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Numéro de téléphoneUkraine : les Européens veulent être représentés dans les négociations, mais par qui ?
La récente agitation diplomatique dans le dossier russo-ukrainien a relancé cette question, sur laquelle l’Europe ne cesse de buter -
Centre du jeuEn Israël, les partis arabes faiseurs de roi, vraiment ?
Les deux listes palestiniennes d'Israël ont connu une progression spectaculaire, mais il faudra d'intenses négociations pour parvenir à une alliance avec l'opposition de Gadi Eisenkot -
Dissonance cognitive« C'est difficile de passer le mur du son » : face à la dette, une présidentielle entre déni et rigueur
Alors que l'envolée des taux d'intérêt menace les finances hexagonales à six mois du scrutin, les candidats peinent à imposer le sujet, quand ils ne l'éludent pas