Washington est tenté de passer au crible les acquisitions d’Elon Musk
L’entrepreneur imprévisible, fondateur de Tesla et de SpaceX, est plus que jamais dans le radar des autorités américaines. L’administration Biden envisage de passer au crible certaines des entreprises d’Elon Musk pour des questions de sécurité nationale, y compris l’accord d’acquisition en cours de Twitter, a rapporté Bloomberg jeudi, citant des sources proches du dossier.
L’annonce a fait réagir les marchés : Twitter perdait 16% dans les échanges avant-Bourse, vendredi matin, mais réduisait ses pertes en baissant de près de 5% toujours sous le seuil des 50 dollars l’action, en séance.
Les dirigeants américains sont mal à l’aise avec des déclarations très politiques émises ces derniers jours sur Twitter par le milliardaire. Il a notamment menacé de cesser de fournir le service satellite Starlink à l’Ukraine – déclarant que cela lui avait coûté 80 millions de dollars jusqu'à présent. Il a, par la suite, fait marche arrière et a précisé qu’il continuerait à supporter les coûts du service. Il a aussi pris des positions que Washington considère comme favorables à la Russie. Dans une série de tweets, Elon Musk énumérait notamment des propositions perçues comme favorables au président Vladimir Poutine.
Activités stratégiques de SpaceX
Les autorités américaines scrutent aussi la montée en puissance de SpaceX, l’entreprise de lancement de satellites, notamment militaires et de renseignement. Une entreprise qu’Elon Musk est parvenu à imposer après avoir mené un lobbying vigoureux auprès du Congrès, rappelle Bloomberg.
L’argument de la sécurité nationale est donc patent au vu des activités stratégiques de SpaceX : la firme, fondée en 2002, est un prestataire privé qui travaille pour la Station spatiale internationale (ISS), la station spatiale placée en orbite terrestre basse. Elle transporte des astronautes vers l’ISS dans le cadre d’un partenariat de longue date avec la NASA et lance des satellites top secrets pour le Pentagone. L’Agence américaine pour le développement international (USAID) a également payé certains des satellites Starlink de SpaceX destinés à l’Ukraine.
Les investisseurs dans Twitter ciblés
Autre source de préoccupation pour Washington, le projet de rachat de Twitterpar Elon Musk pour 44 milliards de dollars – pour lequel il compte s’allier avec un groupe de 19 investisseurs étrangers. Parmi ceux-ci, qui sont prêts à apporter 7,1 milliards de dollars, figurent un investisseur saoudien, le Prince Alwaleed bin Talal, qui a accepté de mettre au pot ses 35 millions d’actions Twitter (soit l’équivalent de 1,9 milliard de dollars), le fonds souverain du Qatar, et la plateforme d’échanges de cryptomonnaies Binance, fondée à Shanghai (500 millions de dollars), rapportait le Wall Street Journal en mai dernier.
En outre, selon des informations du Washington Post, Elon Musk pourrait sabrer 75% des effectifs de Twitter dans le cadre de sa prise de contrôle. Si le réseau social a ensuite démenti l’hypothèse auprès de ses salariés. Bloomberg News a pour sa part confirmé que les investisseurs potentiels avaient été informés du plan de réduction, ainsi qu’un effort pour doubler les revenus en trois ans.
Les discussions pour examiner les entreprises d’Elon Musk en sont à un stade précoce, ont déclaré des sources à Bloomberg.
Une telle initiative reposerait sur la loi régissant le Comité sur les investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS), qui relève du département américain du Trésor. Elle pourrait permettre d’examiner les entreprises d’Elon Musk.
Plus d'articles du même thème
-
Au Japon, Mitsubishi UFJ Morgan Stanley veut capter le réveil de l’épargne des particuliers
La société japonaise Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities (MUMSS) vise une hausse de 10.000 milliards de yens, soit environ 54 milliards d’euros, des actifs gérés pour le compte de ses clients particuliers à moyen-long terme, a déclaré son président à Reuters. -
Quatre partenaires créent une société de 10 milliards d’euros pour investir dans les infrastructures IA
KKR, Kia, Nvidia et Vistra lancent Helix afin de répondre aux besoins croissants des hyperscalers en infrastructures numériques. -
Le régulateur américain des produits dérivés veut encadrer les marchés de prédictions, ciblés par les hedge funds
Cette proposition de la Commodity Futures Trading Commission intervient dans un contexte où des hedge funds constituent des équipes de trading pour investir sur les plateformes de paris comme Polymarket.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
MicmacConsigne des bouteilles en plastique : la guerre du bac jaune
A partir de 2029, les consommateurs payeront plus cher leurs bouteilles en plastique et canettes en aluminium pour être incités à les ramener. Les collectivités locales alertent contre une fragilisation du modèle économique de la collecte des déchets, qui pourrait se solder par une hausse de taxes -
FeuilletonAcétamipride, le retour du comeback
Le Sénat, qui examine le projet de loi d'urgence agricole, a réintroduit en commission des possibilités d'utiliser l'acétamipride ainsi que deux autres produits phytosanitaires, de façon dérogatoire -
PATRIMOINEImmobilier : pourquoi les ultra-riches continuent de miser sur Paris
En France, le débat sur les riches polarise la vie politique et va monter crescendo à l’approche de l’année présidentielle. Pourtant, ce n’est ni en France ni en Europe que les grandes fortunes se créent le plus vite, comme le rappelle le « Wealth Report » de Knight Frank, qui analyse l’évolution des Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), ces individus qui ont plus de 30 millions de dollars d’actifs financiers. Des investisseurs aux stratégies opportunistes