Warren Buffett entretient le suspense sur sa succession à la tête de Berkshire
Si la célébration des 50 ans de Warren Buffett à la tête de Berkshire Hathaway a tenu toute ses promesses en termes de faste et de grandiloquence samedi dernier, elle a été également l’occasion de soulever des questions importantes pour l’avenir du conglomérat industriel et financier américain. Son PDG, ainsi que son vice-président Charlie Munger, se sont succédé pour répondre aux questions des actionnaires cinq heures durant.
La plus partagée concerne la succession de Warren Buffett. Alors que dans sa très attendue lettre annuelle aux actionnaires, il avait annoncé, début mars, avoir trouvé un successeur, il a encore refusé samedi à divulguer son identité. Mais il a donné quelques indices: son successeur ne saurait être un simple professionnel des marchés. «Je ne voudrais pas nommer quelqu’un à la tête de Berkshire qui n’ait qu’une expérience d’investisseur, sans expérience opérationnelle», a-t-il souligné.
Les commentateurs ont tenté de déceler des indices dans la sémantique du mythique dirigeant: si Ajit Jain, le responsable des activités d’assurance, et Gregory Abel, à la tête de l’énergie, sont toujours pressentis, Matt Rose, le président de Burlington Northern, jouit à nouveau d’une certaine cote puisque son action a été louée samedi –aux côtés de celle du directeur général Carl Ice– pour le redressement de l’entreprise ferroviaire.
Alors que Berkshire Hathaway est actionnaire de plus de 80 entreprises, Warren Buffet a rejeté l’idée selon laquelle le conglomérat serait devenu «too big to fail» (trop gros pour faire faillite) nécessitant, de ce fait, une supervision particulière à l’instar des institutions financières systémiques. Les 63,7 milliards de dollars (57 milliards d’euros) de trésorerie accumulés font office de coussin de sécurité revendiqué contre le risque systémique– l’homme d’affaires s’est déjà engagé à maintenir au minimum une poche de 20 milliards de dollars de cash. Il a en outre gagné la réputation d’avoir été une source de liquidité importante sur le marché au moment de la crise financière.
Concernant la possibilité d’une hausse des taux de référence par la Réserve fédérale, crainte par certains, Warren Buffett s’est dit déterminé à agir quelles que soit les conséquences d’un tel évènement sur l’économie. «Nous serons prêts, contrairement à la plupart des gens», a-t-il affirmé. «Si les taux d’intérêt revenaient à un niveau normal, les actions paraîtraient chères aux prix actuels», a-t-il ajouté.
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