Waga Energy se prépare à industrialiser sa technologie de biométhane
Waga Energy s’attaque à la sous-exploitation des gisements d'énergie renouvelable découlant du stockage des déchets. Fondée près de Grenoble en 2015 par quatre salariés issus d’Air Liquide, la société spécialisée dans la production de biométhane a lancé jeudi son introduction en Bourse sur Euronext Paris en vue de lever jusqu’à 115 millions d’euros grâce à une augmentation de capital. Ce montant, qui inclut des compensations de créances de 11,9 millions, est calculé sur la base du point médian d’une fourchette indicative de prix comprise entre 19,26 euros et 23,54 euros par action et il suppose l’exercice intégral de la clause d’extension et de l’option de surallocation. La valorisation ‘pre-money’ de l’entreprise s’élève à 310 millions d’euros. La période de souscription se terminera le 25 octobre pour l’offre au public à prix ouvert et le lendemain pour le placement global destiné aux investisseurs institutionnels.
«La quasi-totalité de l’opération provient d’une offre primaire de titres puisque seulement 2 millions d’euros émanent d’une cession d’actions par les cofondateurs», précise Bryan Garnier qui coordonne l’IPO avec l’aide de Portzamparc. Actionnaire historique, Air Liquide conservera, par l’intermédiaire de son fonds de capital-risque Aliad, une participation d’environ 14% à l’issue de l’offre qui débouchera sur un flottant proche de 24%. Waga Energy a reçu des engagements de souscription totalisant 45 millions d’euros émanant de groupes industriels (Vitol, Viva Energy, CMA CGM) avec lesquels ont été conclus des protocoles d’accords stratégiques, mais aussi d’investisseurs financiers (Svenska Handelsbanken, Hermitage Gestion Privée) et de détenteurs d’obligations convertibles émises en juillet dernier.
Un taux de retraitement inférieur à 1%
«Le biométhane est un substitut renouvelable du gaz naturel qui transforme une source de pollution, le méthane, en énergie verte», explique Mathieu Lefebvre, PDG et cofondateur de Waga Energy. Jusqu’à présent, 90% du gaz provenant des sites d’enfouissement est rejeté dans l’atmosphère, contribuant ainsi à accroître l’effet de serre, environ 9% est brûlé avec un rendement énergétique faible et moins de 1% est retraité avant d’être réinjecté dans les infrastructuresgazières existantes pour répondre à des usages multiples (chauffage, transport, industrie…).
L’évolution de la réglementation contribuera à favoriser l’adoption à plus grande échelle du gaz vert. L’Union européenne a l’ambition d’incorporer 8% de biométhane dans les réseaux d’ici à 2030, tandis que le canadien Energir, premier distributeur de gaz naturel au Québec, vise une proportion de 10% de biométhane dans son réseau à cet horizon. A l’échelle mondiale, la demande de biométhane devrait atteindre 1.322 térawattheures (TWh) à la fin de la décennie, contre 767 TWh attendus en 2025 et seulement 50 TWh en 2018.
Une technologie propriétaire brevetée
Grâce à l‘argent frais récolté lors de son IPO, le groupe, qui emploie près de 80 collaborateurs, prévoit de déployer plus largement sa technologie propriétaire brevetée «Wagabox», qui permet de produire du biométhane en quantité importante et à prix compétitif. Cette technologie résulte de l’association de deux procédés (filtration par membrane et distillation cryogénique) intégrés au sein d’une unité d’épuration compacte, standardisée et entièrement automatisée. En tant que producteur indépendant, il achète le gaz brut aux opérateurs des sites de stockage, finance la construction des unités Wagabox, les exploite et se rémunère en revendant le biométhane aux énergéticiens. «Alors que son activité n’a débuté qu’en 2017, Waga Energy est actuellement présent sur dix sites de stockage opérés par des acteurs industriels ou des collectivités en France», indique le PDG, en ajoutant que «dix autres unités Wagabox sont en construction, dont une en Espagne et deux au Canada».
Son modèle intégré lui assurera des revenus récurrents sur une période de 10 à 20 ans, soutenus par des contrats de vente à long terme. Le financement des projets est réalisé via des véhicules d’investissement dédiés. La plus grande partie (85%) du produit de sa mise en Bourse servira à financer la part en fonds propres des projets qui lui permettront d’exploiter un parc installé estimé à 100 unités à la fin de l’année 2026. Le reste sera alloué à son développement en Amérique du Nord et en Europe, incluant la création possible de nouvelles filiales en plus de celles déjà opérationnelles aux Etats-Unis, au Canada et en Espagne. Après avoir enregistré l’an dernier 9,5 millions de revenus et une perte nette de 1,9 million, Waga Energy table sur un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros d’ici à 5 ans, sans fournir d’objectif de rentabilité.
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