Volkswagen accroît sa flexibilité via des obligations remboursables en actions
L’émission inattendue d’obligations remboursables en actions décidée par Volkswagen a manifestement séduit les investisseurs institutionnels auxquels elle était destinée, puisque le groupe allemand a indiqué hier avoir levé le montant maximum souhaité de 2,5 milliards d’euros. Ces obligations, d’une maturité de 3 ans, serviront un coupon annuel de 5,5%, dans le haut de la fourchette de 4,75% à 5,5% auparavant communiquée.
Le succès de l’opération, menée par Bank of America, Credit Suisse et Deutsche Bank, s’explique également par la solidité financière du constructeur dont la dette à long terme est notée A3 par Moody’s et A- par S&P, avec une perspective positive. Volkswagen AG, société mère du groupe, garantira ces titres, notés BBB par S&P, qui ont été émis au pair par sa filiale Volkswagen International Finance. Le constructeur automobile n’a pas accordé de droit préférentiel de souscription aux actionnaires existants.
Contrairement à une convertible classique, ces titres seront à leur maturité automatiquement convertis en actions préférentielles, dépourvues de droits de vote mais offrant un dividende légèrement supérieur à celui de ses actions ordinaires. De plus, ces obligations seront immédiatement converties si les notes de crédit du groupe tombent en catégorie spéculative, ce qui supposerait une dégradation peu probable de 4 crans. Fixé entre 154,5 et 185,4 euros, le prix de conversion équivaut à une prime maximum de 20%. Selon les calculs des analystes de Société Générale, au prix de conversion minimum, «la dilution simple sera de 3,5% sur la totalité du capital, avant prise en compte des changements dans les coûts de financement du groupe».
Volkswagen a expliqué vouloir renforcer son niveau de liquidité qui s’élevait à 9,2 milliards au 30 septembre contre 17 milliards au 1er janvier, suite à la prise de contrôle de Porsche et du fabricant de motos Ducati. Mais Michael Punzet, analyste de DZ Bank, juge que le constructeur «pourrait avoir l’intention de racheter les minoritaires de Man», sa filiale de poids lourds, ce qui «lui coûteraient environ 3,3 milliards d’euros» pour 25% du capital.
Le rachat des minoritaires du suédois Scania, dont il contrôle 71% des droits de vote, est une autre possibilité. Un porte-parole de Volkswagen a d’ailleurs précisé hier que «toutes les options sont envisagées pour accélérer l’intégration de nos groupes de poids-lourds».
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