Vivendi tient ses offres de rachat pour Maroc Telecom
La cession de Maroc Telecom ne sera finalement pas annoncée avant l’assemblée générale de Vivendi convoquée pour mardi prochain. En revanche, le groupe de télécoms et de médias pourra rassurer ses actionnaires sur l’avancée de ce dossier.
Etisalat et Qatar Telecom (QTel), qui opère sous la bannière Ooredoo, ont déposé leurs offres de reprise pour le bloc de 53% détenu par le groupe français au capital du premier opérateur marocain de télécoms. Un soulagement alors que Vivendi a dû renoncer récemment à la cession de sa filiale brésilienne GVT, faute d’offre financièrement intéressante. Vivendi est conseillé par Lazard et Credit Agricole sur le dossier marocain.
Pour Maroc Telecom, la cotation de l’opérateur à Casablanca et à Paris facilite les discussions en fixant un prix de référence. Aux cours d’hier, l’opérateur marocain capitalisait 8,7 milliards d’euros, soit 4,6 milliards pour le bloc de Vivendi.
Toutefois, le repreneur devra débourser plus que cette seule somme. Il devra en effet proposer aux actionnaires minoritaires une offre publique aux mêmes conditions. Epaulé par BNP Paribas et la banque marocaine Attijariwafa Bank, Etisalat a sécurisé dernièrement 8 milliards de dollars de financement bancaire au cas où il serait retenu, avec la volonté de refinancer une partie de la facture sur le marché obligataire.
L’opérateur des Emirats fait figure de favori alors que QTel pourrait être pénalisé par les relations politiques plus tendues entretenues entre le Qatar et le Maroc, selon la presse marocaine. Le royaume chérifien détient encore 30% du capital de son opérateur télécom historique. QTel est conseillé par JPMorgan. Il aurait pour sa part sécurisé 10 milliards de dollars de financements.
Malgré les ressources abondantes des repreneurs potentiels, les analystes de Cheuvreux ne s’attendent pas à une flambée du prix des offres au-delà du cours de Bourse, en «raison des performances opérationnelles dégradées de Maroc Telecom», soumis à une nouvelle concurrence. Toutefois, même au prix du marché, la somme permettrait à Vivendi d’engager un désendettement massif. Et de préparer ainsi une action stratégique plus radicale, avec à terme une probable scission entre SFR et les activités dans les médias.
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