Vivendi risque d’avoir à provisionner dans ses comptes l’affaire Liberty Media
Vivendi risque d’avoir à passer dans ses comptes du premier semestre 2012 une provision pour tenir compte de l’affaire Liberty Media aux Etats-Unis. Si le verdict du jury populaire prononcé lundi aux Etats-Unis est encore loin d’être définitif, son énoncé a augmenté la probabilité d’une sanction financière pour le groupe de télécommunications et de divertissements.
Jusqu’à présent, sans verdict sur lequel s’appuyer, Vivendi n’avait passé aucune provision pour couvrir le litige ouvert en 2002 par Liberty Media. Seule l’affaire de la «class action», qui repose sur les mêmes faits d’informations financières erronées qu’aurait publiées le groupe en 2001, est couverte par une provision de 100 millions d’euros. Initialement, elle se montait à 550 millions d’euros, mais l’exclusion de la procédure collective des actionnaires ayant acheté leurs titres sur le marché parisien a considérablement réduit le risque. Vivendi a ainsi repris 450 millions d’euros en 2011.
Le verdict du tribunal du district sud de New York fait peser un risque théorique maximal de 765 millions d’euros, soit 13% du résultat opérationnel (Ebita) 2011 de Vivendi et environ 0,6 euro par action. Hier, le cours du titre a perdu 0,16 euro (-1,14%) à 13,41 euros. Si elle ne peut être augmentée, la sanction financière peut en revanche être allégée par le juge américain qui doit encore homologuer, ou non, le verdict rendu lundi par le jury populaire. Dans cette perspective, Vivendi doit présenter dans les prochaines semaines une série de motions pour défendre ses intérêts. Au mieux, le juge pourrait traiter l’affaire cet automne mais il pourrait aussi décider d’attendre l’homologation du verdict de la «class action» pour se prononcer.
Le verdict rendu lundi dans l’affaire Liberty Media repose en effet sur les conclusions de celui rendu en janvier 2010 par le jury en charge de la «class action», décision qui avait incité Vivendi à passer ses premières provisions dans les comptes 2009. Si le verdict de l’action de groupe n’est pas homologué, cela ferait tomber du même coup celui sur Liberty Media. En revanche, si les deux verdicts sont confirmés, Vivendi fera vraisemblablement appel des décisions, ce qui ouvrirait alors plusieurs longs mois de procédures.
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