Vivendi retrouve de nouvelles ambitions dans la musique en s’emparant d’EMI
Après des années de crise liée à l’irruption du numérique, l’industrie de la musique est semble-t-il entrée dans un nouveau cycle de croissance. «Nous pensons que nous faisons cette opération au bon moment», a reconnu Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, lors de l’annonce du rachat partiel d’EMI par Universal Music auprès de Citigroup.
La filiale de Vivendi, déjà numéro un mondial de la musique, reprend pour une valeur d’entreprise de 1,2 milliard de livres sterling (1,4 milliard d’euros) la branche de musique enregistrée de sa concurrente britannique. La deuxième division du label britannique, Music Publishing, est reprise par un consortium emmené par Sony pour 2,2 milliards de dollars. Citigroup avait pris le contrôle d’EMI en février lorsque son précédent propriétaire, le fonds d’investissement Terra Firma, avait fait défaut sur le remboursement d’un emprunt.
Le chiffre d’affaires de la division musique enregistrée d’Universal Music a progressé de 2,8% au premier semestre 2011 après une croissance de 1,1% en 2010, porté par la croissance du numérique (+13,5%) qui compense le repli des ventes de CD. En apportant de nouveaux artistes au catalogue (The Beatles, Pink Floyd, Coldplay…) et des labels prestigieux comme Blue Note, le rachat d’EMI devrait soutenir cette tendance. Il permettra aussi d’importantes économies d’échelle. Les synergies sont estimées à 100 millions de livres sterling par an, dès la première année. Selon Vivendi, l’intégration devrait permettre d’accroître de 3 points la marge opérationnelle (ebita) de la division musique enregistrée. La marge d’Universal Music s’élevait à 11% en 2010.
Vivendi, qui va débourser un montant représentant 7 fois l’Ebitda avant les synergies, 5 fois après les synergies, compte financer l’opération en cédant notamment 500 millions d’euros d’actifs non stratégiques au sein d’Universal. «Nous comptons conserver notre note triple B», a assuré Jean-Bernard Lévy, en indiquant par ailleurs que le groupe maintenait son objectif d’augmenter le dividende. «En cas de nouvelles dégradations chez SFR, cela pourrait être compliqué de maintenir sa note de crédit et de verser son dividende actuel», redoutent tout de même les analystes d’UBS. Sans compter que les autorités de la concurrence pourraient contraindre Vivendi à céder plus d’actifs que prévu pour donner leur feu vert à l’opération.
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