Vivendi ouvre la porte de son conseil de surveillance à Vincent Bolloré
Vincent Bolloré devrait s’asseoir prochainement autour de la table du conseil de surveillance de Vivendi. C’est en tout cas le souhait clairement affirmé hier par Jean-René Fourtou, le président de ce conseil, lors de l’assemblée générale du groupe de télécoms et de médias. «Il n’y a aucune raison que M. Bolloré ne participe pas au conseil si ça l’intéresse, ce que j’espère», a déclaré Jean-René Fourtou devant les actionnaires. Vincent Bolloré n’a pas officiellement réagi à cette proposition mais son entrée serait légitime car elle scellerait sa montée en puissance au capital de Vivendi.
Dans le cadre de la cession de ses deux chaînes de télévision gratuite, Direct 8 et Direct Star, à Canal +, filiale de Vivendi, l’homme d’affaires recevra 22,4 millions d’actions Vivendi, soit 1,8% du nombre de titres en circulation au 5 mars 2012. La signature définitive de l’opération, annoncée en septembre 2011, devrait intervenir dans plusieurs mois. L’Autorité de la concurrence a ouvert en début de semaine un examen approfondi sur ce projet de rachat.
Mais sans attendre la conclusion de cet examen, Vincent Bolloré est déjà devenu l’un des principaux actionnaires de Vivendi. Son groupe a acheté 13,5 millions d’actions fin 2011 sur le marché, pour un investissement estimé à 215 millions d’euros, et a poursuivi ses achats ces dernières semaines.
A terme, une fois l’accord avec Canal+ validé, Vincent Bolloré deviendra l’un des tout premiers actionnaires de Vivendi, sinon le premier, devant BlackRock (4,9%), la Société Générale (4,37%) et le couple CDC-FSI (3,74%). «L’arrivée de M. Bolloré ne nous est pas imposée mais elle est souhaitée par nous et d’un commun accord. On a discuté de sa montée au capital, au-delà de la transformation de ses parts dans les télévisions», a assuré Jean-René Fourtou.
La possible arrivée de Vincent Bolloré au conseil de Vivendi a été applaudie par des actionnaires qui n’ont cessé hier de faire part de leur exaspération devant la chute du cours de Bourse, au plus bas depuis 9 ans, malgré des résultats au plus haut.
«Vous êtes aussi enthousiaste que Jean-Marie Messier lors de sa dernière AG», a ironisé une actionnaire à l’adresse de Jean-René Fourtou, avant qu’un autre actionnaire appelle au départ de ce dernier. Une demande peu suivie: le renouvellement de son mandat pour quatre ans a été adopté à un peu plus de 95%.
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