Vivendi étudie toutes les options, sauf celle d’une scission
Une séparation entre télécoms et médias est trop compliquée selon la direction et contraire aux intérêts des obligataires. D’autres pistes sont possibles
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Olivier Pinaud
Vivendi ne sera pas coupé en deux. La direction du groupe de télécoms et de médias a tordu le cou à cette éventualité. «Clairement, un scénario de scission brutale, les médias d’un côté, les télécoms de l’autre ne fonctionne pas», explique Philippe Capron, le directeur financier de Vivendi. Selon lui, la principale difficulté vient de la répartition de la dette entre les deux structures.
Leur notation en catégorie «investissement» ne serait pas assurée alors que Vivendi, malgré la surveillance de toutes les agences, jouit toujours de ce statut. Or, avec un stock de 14 milliards d’euros de dette, à près de 70% obligataire, une dégradation aurait un impact financier conséquent, notamment pour les télécoms qui portent quasiment l’intégralité de la dette, dont 5,5 milliards rien que pour SFR.
Le fardeau serait d’autant plus lourd pour SFR que l’opérateur subit de plein fouet la concurrence de Free Mobile. Au premier semestre, son chiffre d’affaires dans la téléphonie mobile a chuté de 8,8% à 3,8 milliards d’euros. Et l’excédent brut cumulé de SFR, en tenant compte de l’activité dans le fixe, a plié de 5% à 1,8 milliard. L’érosion devrait s’accélérer au second semestre, sous l’effet des baisses de prix accordées aux abonnés. Le groupe prévoit toujours une chute de 12% à 15% de l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) de SFR cette année. Dans le même temps, la filiale Maroc Telecom est elle aussi confrontée à plus de concurrence et le brésilien GVT, certes en très forte croissance, devrait consommer du cash jusqu’en 2014.
La direction de Vivendi n’exclut pas en revanche d’autres scénarios pour répondre, comme le reconnaît Philippe Capron, à la «nécessité d’agir vis-à -vis de nos actionnaires (…), sans tabou mais en étant sûr de préserver les intérêts de nos obligataires». Le groupe n’en dira pas plus même si la piste d’une ou de plusieurs cessions d’actifs semble la plus probable. Reste à choisir le bon.
GVT ? Il s’agit de l’actif le plus valorisable (8,2 milliards d’euros selon les analystes de Jefferies) et le plus attractif mais c’est aussi la première source de croissance du groupe.
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