Vivarte joue gros sur sa saison d'été
Après un printemps pourri, Vivarte mise sur l’embellie estivale. Le groupe multimarque d’habillement et de chaussures, détenu par le fonds Charterhouse depuis 2007, a indiqué le 15 juillet à ses créanciers lors d’une conférence téléphonique qu’il avait brisé fin mai certains ratios d’endettement maximum dans les clauses de ses prêts bancaires (covenants). «Cela ne remet absolument pas en cause la stratégie menée par le management du groupe à moyen terme ni la capacité à faire face à ses échéances financières» ont assuré hier Vivarte et Charterhouse dans un communiqué commun, pour démentir l’idée d’une restructuration de dette.
Pénalisée par des mois de mars et mai très pluvieux, l’activité s’est redressée en juin et début juillet, et les ratios d’endettement du groupe aussi. A la mi-juillet, les ventes restent en recul de 2,5% sur un an, mais la contraction atteignait 4,6% à la même période de l’an dernier. Le nouveau patron Marc Lelandais, qui a succédé à Georges Plassat en 2012, «a largement endigué la baisse des ventes», note un proche du groupe. Certaines marques comme Kookaï ou Caroll sont dans le vert sur l’année, alors que d’autres, telle la Halle aux Vêtements, souffrent toujours.
Vivarte joue cependant gros d’ici à fin août, date de clôture de ses comptes annuels en exercice décalé. Septembre sonnera l’heure d’un nouveau bilan avec les créanciers, et des décisions devraient être prises si l’embellie constatée depuis juin ne se confirme pas. A ce stade, Charterhouse n’a aucunement l’intention d’injecter des fonds propres dans la société en raison du bris de covenants, alors que Reuters évoquait mardi des montants de 10 à 15 millions d’euros. «Cela n’aurait aucun sens alors que l’entreprise dispose de 600 millions d’euros de trésorerie», poursuit la source.
Si la dette représente 6,3 fois l’Ebitda contre un plafond fixé à 6,05 fois, Vivarte n’est pas non plus pris à la gorge. Ses prochaines échéances significatives sont de 320 millions en 2015 et 392 millions en 2016, selon Bloomberg. La maturité de 2 milliards de dette a été repoussée il y a un an jusqu’en 2018.
Les rumeurs récurrentes de scission ne cadreraient pas non plus avec la nouvelle stratégie de Marc Lelandais. La distinction périphérie / centre ville et chaussures / vêtements est devenue obsolète. Le nouveau patron, qui promeut une montée en gamme, raisonne davantage en distinguant l’offre grand public et les marques.
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