Vivarte a quatre mois pour réduire des deux tiers sa dette
Entre Vivarte et ses créanciers, les négociations s’organisent. Le propriétaire des enseignes La Halle, André ou encore Kookaï, qui a pris début février la décision de suspendre tout remboursement sur sa dette de 2,8 milliards d’euros héritée de son rachat par Charterhouse en LBO en 2007, a annoncé hier l’ouverture d’une procédure de conciliation. Celle-ci laisse quatre mois pour trouver un accord à l’amiable, une durée prorogeable d’un mois.
En parallèle, le groupe de mode multimarques, conseillé par Rothschild, a obtenu l’accord de 91% des créanciers pour sa demande de suspension de ses clauses d’endettement (covenants) et des échéances à venir. Le rejet de justesse en janvier, de la précédente demande, avec moins des deux tiers de votes favorables, avait sonné le déclenchement des hostilités.
Il faut dire que depuis, la typologie des créanciers a évolué. Cette clarification était d’ailleurs l’un des objectifs de la suspension des paiements, avec la préservation du cash du groupe (près de 400 millions d’euros) et la volonté de rassurer les fournisseurs sur la pérennité des filiales opérationnelles, qui ne portent pas de dette. Avec la chute du prix de la dette Vivarte, qui traite juste en dessous de 50% du pair sur le marché du loan, le pool des créanciers s’est recomposé. De 170 environ début 2014, il serait tombé aujourd’hui à une centaine. Les banques prêteuses étaient déjà sorties avant l’annonce de février, à l’image de Natixis, qui aurait cédé fin 2013 le gros de sa créance résiduelle lorsque la dette traitait encore à 85% du pair, selon des sources financières.
Les créanciers s’organisent aussi. Les fonds de dette Oaktree et Canyon ont pris les devants en mandatant Houlihan Lokey et Weil Gotshal. Des rencontres avec le management de Vivarte et des visites de sites ont été organisées récemment.
La restructuration de dette à venir s’annonce comme l’un des plus gros dossiers des dernières années en France. Sur les 2,8 milliards d’euros de dette, la part junior (second lien) de 400 millions est réputée perdue, et les prix des loans plaident pour une décote de 50% sur la part senior de 2,4 milliards.
«Compte tenu de ses besoins d’investissements, le groupe peut supporter une dette d’un milliard au maximum», plaide un proche du dossier. Un montant plus en rapport avec un Ebitda qui n’a cessé de diminuer ces dernières années pour tomber à 300 millions environ en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui