Vinci pourrait se renforcer dans l’aéroportuaire après la vente de ses parkings

Les analystes valorisent Vinci Park autour de 9 fois l’Ebitda, soit près de 2 milliards d’euros. Une cession totale ne fait pas l’unanimité
Bruno de Roulhac

Vinci réfléchit à l’avenir de ses parkings. Barclays a été mandaté par le groupe sur ce sujet, a appris L’Agefi, confirmat un article des Echos selon lequel des conseils étudiaient une éventuelle cession. Cette possibilité avait déjà été évoquée fin juillet. «Si nécessaire, nous pourrions […] nous associer avec un autre opérateur dans les parkings», déclarait Xavier Huillard, PDG de Vinci, aux Echos.

«La cession de l’ensemble serait une surprise», note Aurel BGC. Bien que Vinci Park soit moins rentable que les autoroutes avec une marge opérationnelle sur activité de 18,5%, contre 45,5% pour Vinci Autoroutes, «cela n’en demeure pas moins une activité qui s’inscrit bien dans la stratégie de Vinci d’équilibrer Construction et Concessions», ajoute Aurel BGC. Néanmoins, bien que rentable, cet actif «présente un profil structurel de faible croissance / forte maturité», indique CM-CIC.

Vinci Park est valorisé par des analystes autour de 9 fois l’Ebitda, soit près de 2 milliards d’euros. En 2012, Vinci Park a dégagé un chiffre d’affaires de 615 millions d’euros (+1,5% en comparable) pour 210 millions d’Ebitda, et pèse ainsi seulement 2% des ventes et 4% de l’Ebitda du groupe.

Néanmoins, Vinci n’est pas dans l’urgence. Si le groupe affichait fin juin une dette nette de 13 milliards d’euros (la plupart adossée à son pôle autoroutes), soit 2,4 fois son Ebitda, il dispose de 11,9 milliards de liquidités (5,5 milliards de trésorerie disponible et 6,4 milliards de lignes bancaires confirmées).

Bien que le groupe veuille maintenir une notation solide, Vinci «a encore environ 2,5 milliards d’euros de marge de capacité d’endettement sans mettre en risque son rating ‘BBB+’, note Oddo. Cependant, cette cession pourrait offrir une flexibilité additionnelle afin de saisir des opportunités à moyen terme (construction, en particulier à l’international, aéroport?)». La piste d’acquisitions dans l’aéroportuaire, «dont la trajectoire de croissance est plus favorable (+3% en termes de trafic passagers)», note CM-CIC, est la plus souvent évoquée. Déjà cette année, Vinci a acquis Ana, concessionnaire des aéroports portugais, pour plus de 3 milliards d’euros en valeur d’entreprise.

Alors que Vinci s’est renforcé cet été au capital d’ADP, dont il détient aujourd’hui 8% après le rachat d’une participation de 4,7% de l’Etat, la possible cession des parkings «pourrait renouveler la spéculation autour de la privatisation d’ADP», estime Bryan Garnier.

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