Vinci Park transforme sa dette quatre mois après son rachat
Le marché primaire du crédit ne connaît pas encore les affres du primaire actions. Alors que les reports d’introduction en Bourse se multiplient depuis la fin de l’été, à l’image de Spie jeudi, les émissions obligataires continuent à trouver largement preneur. Hier, Vinci Park, une nouvelle signature sur les marchés de crédit, a levé 950 millions d’euros en deux tranches à des conditions très favorables. Le gestionnaire de parkings, dont Ardian et Crédit Agricole Assurances ont pris chacun 37,5% du capital en juin aux côtés de l’actionnaire historique Vinci, va ainsi pouvoir refinancer au bout de quatre mois seulement la dette bancaire montée lors de son acquisition.
«Vinci Park double la maturité moyenne de sa dette, à 8 ans, ce qui est cohérent avec son activité de gestionnaire d’infrastructures disposant d’une bonne visibilité sur ses cash-flows», indique Cédric Galinier-Warrain, executive director debt capital markets chez BBVA, en charge du placement aux côtés de BNP Paribas, Crédit Agricole, RBS, Santander et SMBC.
Infra Foch SAS, la holding intermédiaire de contrôle de Vinci Park, émettrice des obligations notés BBB, portait deux prêts bancaire in fine à 3 et 5 ans d’un total de 920 millions d’euros, ainsi qu’une ligne de capex de 275 millions d’euros et une facilité renouvelable de 25 millions qui resteront dans la structure. Hier, elle a placé une tranche de 500 millions d’euros à 6 ans à un spread de 72 points de base au-dessus des mid-swaps, largement en dessous de la première fourchette indicative de 85 à 90 pb communiquée jeudi matin. La seconde tranche, de 450 millions d’euros à 10,5 ans, a trouvé un spread de 100 pb, contre 110 pb initialement annoncé.
Ces marges correspondent à des rendements respectifs de 1,286% et 2,162%. Pour s’étalonner sur le marché de crédit, les promoteurs de l’opération ont pris pour référence des sociétés d’autoroutes telles qu’ASF ou APRR, dont le secteur d’activité diffère mais dont le profil infrastructures les rapproche d’un Vinci Park. Le message est bien passé. Les ordres ont atteint 3 milliards d’euros sur la première tranche, qui a été souscrite par 250 investisseurs, majoritairement britanniques puis français. L’obligation de maturité avril 2025 a reçu 1,7 milliard d’euros de la part de 190 comptes, cette fois en majorité français.
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