Vinci met le prix pour concrétiser ses ambitions dans les aéroports
Nous voulons accroître notre activité de gestion d’aéroports», martelait depuis plusieurs mois Xavier Huillard, le directeur général de Vinci. En déposant la meilleure offre pour le portugais Ana, qui gère notamment les aéroports de Lisbonne et de Porto, le groupe de construction et de concessions répond à l’ambition de son dirigeant.
Retenu par le gouvernement portugais hier en Conseil des ministres, Vinci a devancé l’allemand Fraport, le suisse Flughafen Zürich et l’argentin Corporacion America. Le groupe a laissé peu de chance à la concurrence, en proposant 3,08 milliards d’euros pour 95% de la société, soit près de 15 fois l’Ebitda 2011 d’Ana.
Vinci était certainement le plus aisé financièrement de tous les candidats. Le groupe affiche 6,3 milliards d’euros de cash à son bilan, soit les réserves les plus importantes du secteur des infrastructures selon les analystes de Credit Suisse. Ces derniers ajoutent qu’en mettant de côté ses besoins courants, Vinci dispose de 4,8 milliards d’euros en «excès», ce qui lui offre une marge de manœuvre suffisante, alors que son ratio de dette nette sur Ebitda n’est que de 2,4 fois actuellement.
Numéro deux mondial des concessions autoroutières, derrière Abertis, Vinci n’avait jamais véritablement réussi à s’affirmer dans les aéroports. Le groupe exploite neuf plates-formes en France (Nantes, Grenoble…) et au Cambodge, mais ces actifs n’ont pas une réelle dimension internationale. Il dispose également depuis 2007 d’une participation symbolique de 3,3% au capital d’Aéroports de Paris. Vinci avait participé à l’appel d’offres sur les aéroports d’Hochtief en 2011, mais avait finalement renoncé. Il avait surtout perdu au premier semestre 2012 face à ADP pour le turc Tav : son concurrent avait offert un prix supérieur de 10% au sien.
Son relatif manque d’expérience pourrait constituer un handicap au moment de l’intégration d’Ana. Surtout, certains analystes s’inquiètent de la situation économique du Portugal et du flou qui entoure l’avenir de la compagnie nationale Tap.
Sur ces points, Xavier Huillard avait récemment assuré que «le transport aérien peut rester à des niveaux d’activité corrects malgré un environnement économique dégradé car il dépend du trafic international». Selon lui, les chiffres montrent que l’activité des aéroports grecs, portugais ou espagnols ne baisse pas autant que l’économie de ces pays en difficultés.
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