Vinci et Predica rachètent à l’Etat 9,5% du capital d’ADP pour 738 millions d’euros au total
L’accord a été rapide, scellé samedi matin puis signé définitivement en fin d’après-midi. 48 heures après la date limite de dépôt des offres fermes, le ministère de l’Economie et des Finances a annoncé dimanche la vente d’un bloc de 9,5% du capital d’Aéroports de Paris détenu par l’Etat et le Fonds stratégique d’investissement (FSI). Comme l’avait rapporté jeudi L’Agefi, Vinci et Credit Agricole Assurances, via Predica, étaient en lice. Ils ont remporté le bloc moyennant un versement cumulé de 738 millions d’euros. Vinci était conseillé par Lazard, Nomura et la Société Générale, alors que l’assureur était épaulé par Morgan Stanley.
Côté acheteur, le géant du BTP et des concessions prendra 4,69% du capital pour 365 millions d’euros, tandis que la filiale d’assurance du Crédit Agricole recevra 4,81% pour 373 millions d’euros. Avec un prix unitaire de 78,5 euros, l’offre victorieuse des deux groupes implique une prime d’environ 5% sur le cours de clôture de l’action ADP vendredi soir. Côté vendeur, l’Etat engrangera un produit de cession de 303 millions d’euros, alors que le FSI obtiendra 435 millions d’euros. «Conformément au cahier des charges, les acquéreurs se sont engagés à conserver ces titres pendant une période minimale d’un an, et à ne pas dépasser le seuil de participation de 8% du capital pendant une durée de cinq ans», souligne le communiqué de Bercy. Déjà actionnaire à hauteur de 3,3% du capital, Vinci vient ainsi se placer juste sous cette limite.
Même si le prix final fait ressortir une légère prime de valorisation par rapport à Fraport par exemple, l’opération est attrayante pour les deux groupes qui y trouvent chacun leur compte. Le fait de passer la barre des 5% se révèle avantageux pour Vinci d’un point de vue fiscal et marque un réchauffement de ses relations avec ADP. Vinci et Crédit Agricole Assurances pourront l’un comme l’autre bénéficier, au plus tard à l’assemblée générale de 2014, d’un siège au conseil d’administration, aux côtés de l’Etat (6 sièges) et de la société gestionnaire de l’aéroport d’Amsterdam Schiphol (2 sièges). Pour l’assureur, l’obtention d’un siège d’administrateur lui permettra de mettre moins de fonds propres en face de sa participation selon les règles prudentielles. L’Etat restera majoritaire au capital avec une participation de 50,63%.
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