Vincent Strubel succède à Guillaume Poupard à la tête de l’Agence nationale pour la cybersécurité
L’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi) se voit dotée d’un nouveau directeur général, peu après le départ de Guillaume Poupard, officialisé début décembre. Il vient de rejoindre Docaposte, la filiale numérique de La Poste, spécialisée dans la confiance et l’identité numériques, en tant que directeur général adjoint et membre de son comité exécutif.
Vincent Strubel a été nommé à la tête de l’institution sur proposition de la Première ministre Elisabeth Borne, d’après le compte-rendu du Conseil des ministres, paru ce mercredi. Agé de 42 ans, cet ancien élève de l’Ecole Polytechnique (2000), et de Télécom Paris, ingénieur général des mines, a effectué l’ensemble de sa carrière à la Direction centrale de la sécurité des systèmes d’information (CDSSI) devenue Anssi, d’après son profil LinkedIn. Il y est entré en juillet 2005 en tant qu’Expert en sécurité des systèmes d’exploitation, avant de gravir les échelons, jusqu'à être nommé Sous-directeur Expertise en octobre 2014. Il a été nommé directeur de l’opérateur des systèmes d’information interministériels classifiés (OSIIC) en juillet 2020.
La date de son arrivée effective n’a pas encore été annoncée. Le général de brigade aérienne Emmanuel Naegelen, directeur général adjoint de l’Anssi, assure l’intérim.
« C’est quelqu’un d’extrêmement technique, qui connaît bien le domaine de la cyber et de la confidentialité des données », salue Michel Van Den Berghe, président du Campus Cyber.
Nombreux chantiers
Plusieurs chantiers de taille attendent Vincent Strubel à la tête du gandarme français de la cybersécurité. Déjà, incarner la fonction, après son emblématique précédesseur, qui dirigeait l’Anssi depuis 2014. Bon communicant, médiatique, Guillaume Poupard a contribué à mieux faire connaître l’Anssi et les enjeux de cybersécurité auprès du grand public. Autre enjeu, poursuivre le travail de pédagogie auprès des PME sur les risques liés aux cyberattaques.
Sous le mandat de son précédesseur, l’agence a aussi dopé ses effectifs, passant d’environ 400 agents à environ 600. Cette hausse reflète l’attention des pouvoirs publics à la cybersécurité, un sujet qui a été repris par le chef de l’Etat en 2021 avec la présentation d’un plan de soutien d’un milliard d’euros. Puis l’ouverture d’un Campus Cyber, dans le quartier de la Défense, en février 2022, véritable vitrine du secteur et de ses start-up.
En juin dernier, Guillaume Poupard avait esquissé une liste de chantiers en cours, comme la sensibilisation du public avec une grande campagne de communication nationale, le maintien de la priorité budgétaire, ou encore le développement d’outils cybers plus importants en régions. Vincent Strubel devra en outre « continuer à sécuriser les opérateurs stratégiques nationaux (OIV) ; accompagner l’entrée en viguer de la nouvelle directive NIS2 sur la cybersécurité ; et travail sur notre souveraineté de nos données », souligne Michel Van Den Berghe.
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