Vincent Bolloré se rapproche de la barre des 5% du capital de Vivendi

En plus des 2,8% acquis en un an sur le marché, le holding va recevoir 1,72% en échange de la vente de ses chaînes de TNT à Canal+
Olivier Pinaud
Vincent Bolloré en mars 2024  (audition TNT)
Vincent Bolloré en mars 2024  -  Photo Eric Tschaen/REA

C’était le dernier feu vert attendu. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a autorisé hier, sous conditions, le rachat par Canal+ des chaînes de télévision du groupe Bolloré, Direct 8 et Direct Star. L’opération avait déjà reçu l’aval fin juillet de l’Autorité de la concurrence. Un an après l’annonce de l’accord avec Bolloré, le groupe de télévision payante va ainsi pouvoir concrétiser ses ambitions dans les chaînes gratuites de la TNT afin de diversifier ses sources de revenus face à la montée de la concurrence des services de programmes à la demande ou via internet. Rebaptisée D8, l’ex-Direct 8 devient ainsi une chaîne «premium» dont le budget devrait tripler d’ici trois ans pour atteindre 120 millions d’euros.

Ce feu vert ouvre également indirectement un peu plus le capital de Vivendi, maison-mère de Canal+, au groupe Bolloré. Lors des négociations menées l’an dernier, l’ancien propriétaire de Direct 8 et de Direct Star avait en effet demandé que ses chaînes, valorisées 465 millions d’euros au total, soient payées en actions Vivendi. Le groupe Bolloré percevra ainsi fin septembre 22,4 millions de titres, soit 1,72% du capital du groupe de médias et de télécoms.

En ajoutant les actions acquises sur le marché par le groupe Bolloré depuis un an, le holding de Vincent Bolloré se trouvera à la tête de 4,52% du capital, ce qui fera de lui l’un des tout premiers actionnaires de Vivendi, au coude à coude avec BlackRock ou la Société Générale. En un an, Bolloré a consacré 497 millions d’euros pour acheter en Bourse des actions Vivendi, représentant 2,8% du capital, avec un prix de revient estimé à 13,9 euros par action, hors dividende. «Vincent Bolloré veut affirmer le caractère industriel et à long terme de son investissement», explique une source proche. Sa probable entrée au conseil de surveillance devrait conforter cette position.

Pour cette raison, mais aussi pour des considérations fiscales, le groupe Bolloré pourrait monter au-delà des 5% du capital dans les prochaines semaines. Une fois ce seuil franchi, les dividendes reçus d’une filiale sont exonérés d’impôts pour la maison mère. Or, avec sa participation, Bolloré peut espérer percevoir environ 65 millions d’euros de dividendes par an, en supposant que Vivendi maintienne un dividende de 1 euro.

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