Vincent Bolloré met un pied au capital de Vivendi
Canal+ bouscule totalement les médias audiovisuels et s’attaque frontalement à TF1 (Bouygues) et M6 sur le segment de la télévision gratuite. Le groupe a annoncé hier soir son projet de racheter Direct 8 et Direct Star, les deux chaînes de télévision numérique terrestre (TNT) de Bolloré. Canal+ prendra dans un premier temps 60% du capital des chaînes, une fois toutes les autorisations obtenues, vraisemblablement dans le courant de 2012. Il détiendra une option pour monter à 100% ultérieurement.
La valorisation des deux chaînes s’élève au total à 465 millions d’euros, pour une audience cumulée de l’ordre de 3,6%, soit 130 millions d’euros environ le point d’audience. Le prix a notamment été déterminé sur la base de la valeur actualisée du rachat des chaînes TMC-NT1 par TF1 (620 millions), dont la part d’audience cumulée dépasse 5,3%. Bolloré fait une bonne affaire. Direct Star, ex-Virgin 17, avait été achetée 70 millions d’euros en 2010 à Lagardère, soit 58 millions d’euros le point d’audience.
Si elle marque une sortie partielle du groupe Bolloré des médias, l’opération permet néanmoins à Vincent Bolloré de mettre un pied chez Vivendi. La première tranche du capital de Direct 8 et Direct Star sera rémunérée en actions Vivendi, maison mère de Canal+. Le groupe de l’homme d’affaires recevra 16,2 millions d’actions, soit environ 1,3% de Vivendi. Leur prix unitaire a été arrêté à 17,3 euros, soit une valeur totale de 279 millions. Hier, l’action Vivendi cotait 16,09 euros. Elle a chuté de 20% depuis le début de l’année, de 40% en cinq ans, affichant une décote de l’ordre de 20% par rapport à l’actif net par action. Avec un dividende attendu au moins à 1,4 euro en 2012, comme en 2011, elle offre un rendement de 8,75%. La part restante de 40% dans les deux chaînes de TNT sera payée en numéraire (186 millions).
Dans l’accord conclu avec Vivendi, Vincent Bolloré s’est engagé à conserver ses actions pendant au moins six mois après la signature officielle de l’opération. Sa représentation éventuelle et future au conseil de surveillance n’a pas été arrêtée. Mais, vu son profil d’investisseur actif, Vincent Bolloré aura certainement des idées pour améliorer la valorisation du groupe de médias, alors que la rumeur d’une scission du groupe circule de nouveau sur le marché. En mettant à part les sociétés de gestion comme BlackRock, Amundi ou AllianceBernstein, Bolloré sera, avec 1,3% du capital, le deuxième actionnaire de référence de Vivendi derrière la Caisse des dépôts (3,77%).
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