Verizon s’apprête à pulvériser le record mondial des émissions obligataires

La levée de fonds, destinée à refinancer la prise de contrôle totale de Verizon Wireless, pourrait atteindre 50 milliards de dollars
Yves-Marc le Réour
Photo: Jin Lee/Bloomberg
Photo: Jin Lee/Bloomberg  - 

Les grandes manœuvres ont commencé pour Verizon, qui prépare une émission obligataire record pour refinancer le rachat des parts du britannique Vodafone dans leur coentreprise mobile aux Etats-Unis. Selon Bloomberg qui se réfère à une source proche du dossier, l’opérateur télécoms aurait engagé Barclays, BoA Merrill Lynch, JPMorgan et Morgan Stanley pour rencontrer des investisseurs crédit, les premiers entretiens devant avoir lieu dès ce lundi outre-Atlantique et à partir de vendredi prochain en Europe.

Ce calendrier semble cohérent avec les propos tenus la semaine dernière par Lowell McAdam, directeur général de Verizon. Ce dernier a précisé que son groupe avait l’intention de «rembourser à relativement court terme» ses prêts bancaires en levant des fonds sur les marchés. En bouclant rapidement cette émission, l’opérateur américain, qui a vu sa note de crédit dégradée d’un cran par Moody’s et S&P, bénéficiera de taux d’intérêt encore faibles aux Etats-Unis, mais en hausse. Ceux-ci devraient continuer à se tendre dans les prochains mois, suite à l’annonce d’une politique monétaire moins accommodante de la part de la Réserve fédérale.

Si la taille de l’opération reste indéterminée, son montant pourrait varier entre 25 et 50 milliards de dollars sur les 130 milliards de dollars déboursés pour cette acquisition. Verizon refinancerait ainsi une grande partie des 58,9 milliards de dollars payés en numéraire à Vodafone pour les 45% de Verizon Wireless, sachant que 85% du montant restant a été réglé en actions. Cette émission obligataire constituerait donc un nouveau record mondial, en dépassant de loin la levée de fonds de 17 milliards de dollars réalisée par Apple en avril dernier.

Une partie de l’émission devrait être libellée en euros. «Cette opération constituera la première émission obligataire de Verizon en Europe, si bien qu’il devra sans doute payer une légère prime pour séduire les investisseurs», estime Sam Morton, analyste crédit chez Mizuho International à Londres. Selon Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services, le taux d’intérêt devrait tourner «autour de 4%, un niveau d’autant plus attrayant que l’entreprise est solide». Sur un marché des télécoms mobiles qui croît toujours outre-Atlantique, Verizon a dégagé l’an dernier un cash flow libre de 15,3 milliards de dollars, ce qui devrait conforter les investisseurs dans la capacité de l’entreprise à rembourser sa dette.

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