Veolia donne rendez-vous aux porteurs obligataires de l’ex-Suez
Les fiançailles avaient été longues et douloureuses. Mais désormais Veolia est proche de parachever la fusion totale avec son ex-rival Suez, dont il contrôle la totalité du capital depuis le succès de son OPA en début d’année, suivie d’un retrait de la cote le 18 février. Le groupe de services collectifs a annoncé mercredi, parallèlement à ses comptes au 30 juin, « la signature d’un traité de fusion relatif à la fusion-absorption de Vigie SA (ex-Suez SA) » par le groupe « afin de simplifier et rationaliser la structure juridique ».
La méthode retenue, très allégée, tranche avec le tumulte de gouvernance à partir de l’été 2020 et la bataille boursière qui s’est ensuivie pour le mariage des deux spécialistes des services à l’environnement. « La fusion sera donc réalisée suivant le régime simplifié, sans réunion des assemblées générales de Veolia1 ou de Vigie SA, sans émission ni échange d’actions Veolia, et sans intervention d’un expert indépendant, d’un commissaire à la fusion ou d’un commissaire aux apports », fait aujourd’hui valoir Veolia dans son communiqué. L’opération de fusion interviendra le 31 octobre 2022 avec, d’un point de vue comptable et fiscal, « un effet rétroactif au 1er janvier 2022 ».
L’opération demeure soumise à la réalisation des conditions suspensives stipulées dans le traité de fusion, parmi lesquelles figure le sort de la dette – pour près de 9 milliards d’euros - jusqu’ici portée par l’ex-Suez SA. Or, celle-ci doit désormais être transformée en dette Veolia. « C’est un processus assez long puisque pas moins d’une quinzaine d’assemblées générales pour obtenir l’accord de porteurs de souches obligataires Vigie SA doivent intervenir », a souligné Claude Laruelle, directeur financier de Veolia, lors d’une conférence de presse. Cependant il n’anticipe pas de difficultés dans l’approbation et met en avant les arguments d’une dette adossée « à un groupe plus gros » et un « rang de séniorité plus élevé » pour les dettes jusqu’ici subordonnées.
Veolia a publié mercredi un résultat net part du groupe semestriel de 236 millions d’euros, contre 301 millions un an plus tôt. Ce recul est mis sur le compte de la facture liée aux frais de l’OPA et aux coûts exceptionnels d’intégration, ainsi qu’une dépréciation de 80 millions d’euros pour les activités en Russie. En revanche, le groupe dirigé par Estelle Brachlianoffréaffirme ses objectifs pour 2022, notamment une croissance de 4% à 6% de l’Ebitda et un résultat net courant de 1,1 milliard d’euros.
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