Vallourec navigue à vue au cœur d’une périlleuse période de transition
Vallourec a de nouveau donné des frissons au marché, à l’occasion d’une journée de présentation aux investisseurs organisée à Belo Horizonte au Brésil, en abaissant sa prévision de résultat brut d’exploitation (Ebitda) pour le semestre en cours. Alors que le fabricant de tubes sans soudures tablait précédemment sur un résultat «légèrement supérieur» à celui du premier semestre 2011 (+11% à 458 millions d’euros, représentant une marge de 18,8%), il mise désormais sur un «niveau similaire». Le groupe confirme tout de même son objectif d’une hausse séquentielle de son chiffre d’affaires semestriel grâce au dynamisme des marchés de l’énergie.
Réservé à la baisse à l’ouverture de la Bourse de Paris vendredi, le titre a ouvert en repli de 8,7% avant de finir quasi stable à 44,01 euros (+ 0,07%).
A la source de la mise en garde de Vallourec, l’«attitude prudente» des clients sur les marchés hors énergie du fait des «incertitudes économiques» ainsi que l’impact négatif du récent affaiblissement du real brésilien face à l’euro. Un environnement macroéconomique voilé qui tombe bien mal alors que le groupe a engagé une «transformation profonde» consistant, selon le président du directoire Philippe Crouzet, «à investir là où se trouve la croissance» afin de faire mieux correspondre production et distribution. Vallourec ne veut plus être «une société exportatrice à partir de l’Europe», ce qui passe actuellement par d’importants projets au Brésil et aux Etats-Unis (où le partenariat avec Sumitomo est légèrement modifié), en parallèle à des développements de production en Chine, en Indonésie ou au Moyen-Orient notamment.
CM-CIC reste dès lors confiant, estimant qu’«après deux années de transition en 2011 et 2012, la reprise des résultats sera très sensible en 2013». Les nouvelles usines seront alors «entièrement disponibles» selon Vallourec, après avoir «poursuivi leur montée en puissance sur le plan technique en 2012». Ce qui a de quoi bouleverser le modèle industriel du groupe. Pour preuve, comme le souligne CM-CIC, l’Europe devrait représenter en 2013 47% de la capacité de laminage du groupe, 15 points de moins qu’en 2011, tandis que le Brésil gagnera 6 points à 27% et les Etats-Unis 9 points à 26%. Le courtier avait récemment salué l’effet positif de «l’entrée en service de capacités à plus faibles coûts que les capacités existantes».
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